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De vive(s) voix

RFI·24 episodes

SocietyCulture

Une émission consacrée à la langue française dans le monde et aux cultures orales. Un rendez-vous quotidien du lundi au jeudi, pour rendre plus vivant notre rapport à la langue, et être la vitrine des initiatives en faveur de la francophonie. Une émission consacrée à la langue écrite qui vit, s’adapte, se développe. Mais aussi une émission où la langue parlée, blablatée, tchatchée, déclamée et murmurée aura toute sa place. En compagnie d’historiens, linguistes, traducteurs, artistes… ce nouveau rendez-vous sur RFI sera aussi celui de l’oralité : ce qui est émis, qui est énoncé de vive voix. T...

Episodes

29 min
Jun 11, 2026
Coupe du Monde : quand les intellos aiment le foot!

Dans Pourquoi le football publié en 2021, le philosophe Stéphane Floccari noue la pratique sportive du foot et la philosophie... et convoque Michel Platini et Vladimir Jankélévitch, Pelé et Pasolini, Cantona et Cioran. Le peu de morale que je sais, je l’ai appris sur les scènes de théâtre et dans les stades de football, disait le philosophe Albert Camus, prix Nobel de littérature en 1959. Depuis, le football a changé de visage, des centaines de milliards se sont déversés sur les terrains, avec des débordements en tout genre mais le foot reste une passion puissante à l’échelle planétaire, avec des fans venus de tous les horizons... Et les intellectuels ont aussi leur mot à dire sur le sport ! Rabelais ou Ronsard, écrivains et poètes de la Renaissance jouaient déjà à un jeu qui ne s’appelait pas encore football, à une période où la Coupe du monde n’existait pas... Avec les sons d'archives de :  - Jacques Derrida, grand philosophe, penseur de la déconstruction. Il confie sa passion pour le foot, une passion née pendant la guerre alors qu’il vivait jeune homme en Algérie  - Denis Podalydès, de la Comédie française. Il raconte à l’occasion de la victoire de la France en 1998 que sa journée commence par la lecture du journal l'Équipe - Daniel Picouly, écrivain qui parle du « vrai football ».  Avec également le reportage de Jérémie Lanche, à Genève, en Suisse.  Invité : Stéphane Floccari est agrégé et docteur en philosophie, professeur au lycée Marcelin Berthelot, à Saint-Maur-des Fossés, et à l’INSEP (Institut national du sport, de l’expertise et de la performance), à Paris, chargé d’enseignement à la Sorbonne, Stéphane Floccari est, depuis l’enfance, un passionné de football, qu’il a pratiqué dans l’équipe de France des écrivains sportifs. Il est l’auteur de Pourquoi le football ? aux éditions des Belles Lettres en 2021. Il a également publié plus récemment, Le Sport émoi aux éditions Amphora.   Le calendrier de la Coupe du Monde.    Programmation musicale : L'artiste Lescop avec le titre Comète.

28 min
Jun 10, 2026
Que nous racontent les notes vocales?

Julie Glikman a fait des messages vocaux son objet de recherche ! Les notes vocales ! On les adore... ou on les abhorre ! Elles se suffisent tantôt à un laconique « Ok, ça marche » de trois secondes, elles peuvent aussi devenir de véritables « podcasts » de trois, dix ou quinze minutes ! Pourtant, ces notes ne sont-elles pas aussi un moyen de saisir la langue telle qu’elle se parle aujourd’hui ? Et d’archiver nos manières de parler ? Pourquoi s’écrire quand on peut se parler et, inversement, pourquoi se lancer dans une conversation quand on peut s’envoyer un message rapide et efficace… ?  Tel était le dilemme entre le SMS et l’appel téléphonique. Mais depuis, les notes vocales ont pris le relais : « un véritable sujet d’étude pour les linguistes ! » Il y aurait « sept milliards de messages vocaux échangés par jour ». Tout le monde ou presque s’y est mis. Une langue parlée, naturelle, sans chevauchement de parole « Ce qui nous intéresse, c’est que c’est de la langue parlée, naturelle. On peut ainsi comprendre comment les gens parlent au quotidien ! », explique Julie Glikman. Et, particularité des vocaux, il n’y a « pas de chevauchement de parole comme dans une conversation normale ». Les linguistes ont recueilli des données sur la base du volontariat, en proposant aux gens (beaucoup d'étudiants !) de participer en partageant leurs messages : 1 950 fichiers audio, vingt heures d’écoute et des vocaux qui parlent de tout. « Jusqu’à maintenant, l’étude de la langue se faisait grâce aux œuvres écrites ».  « Le français, comme toutes les langues, change au fil du temps, les vocaux peuvent être un moyen de percevoir ces changements plus rapidement ! » « Voilà », disfluences et gros mots : ce que révèlent les vocaux Ce qui a été remarqué, ce sont des usages de la langue parfois peu documentés . Le mot « voilà », par exemple, n’est pas toujours un mot de discours terminatif. Les vocaux permettent aussi de documenter et d'archiver les gros mots qui sont dits, mais aussi ce qu’on appelle les disfluences : « les blancs » ou les « euh », les répétitions.  Mais est-ce que ça reste de la communication ? Oui, selon la linguiste car « on envoie à un destinataire choisi mais il y a parfois une séparation spatio-temporelle. » Avec les vocaux, on peut s’arrêter plus facilement qu’une communication par téléphone classique.  Invitée : Julie Glikman, professeure en linguistique française diachronique à l'Université de Lorraine et membre du Laboratoire de recherche UL ATILF soit Analyse et Traitement Automatique de la Langue Française.  Pour retrouver le corpus des vocaux, RDV ici.   Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décryp

29 min
Jun 9, 2026
Être trans : en rire avec Lou Trotignon et en parler avec Sam Bourcier

Avec son seul en scène « Mérou », qui se joue actuellement à la Scala de Paris, l'humoriste Lou Trotignon devient l'un des premiers comédiens français à consacrer un spectacle entier à la transidentité, via son expérience personnelle. En plus de cette représentation fraîche et intimiste, une collection d'archives sélectionnée en collaboration avec le Centre d'archives, des mémoires et des cultures LGBTQI+ est également visible sur place. « Les minorités, et pas simplement les LGBTQIA+, ont cette capacité à prendre soin des archives de manière différente, de manière plus collective et de manière communautaire », explique le spécialiste des transféminismes Sam Bourcier, quant à la nécessité de l'existence en France d'un centre d'archives LGBTQIA+. Objets, documents et même des archives orales sont récoltées par le Centre d'archives LGBTQI+, logé pour le moment à Césure (dans le 5è arrondissement de Paris), pour lequel Sam Bourcier œuvre à la programmation. Contrairement à d'autres archives plus conventionnelles, n'importe qui peut alimenter et consulter ces archives, pour la simple et bonne raison que « chaque archive compte », d'après Bourcier, pour qui la France est encore en retard sur la conservation d'archives LGBTQIA+. C'est l'une des raisons pour laquelle l'humoriste Lou Trotignon a décidé de collaborer avec le Centre d'Archives LGBTQI+ de Paris et de les mettre à l'honneur autour de son stand-up sur la transidentité. « Le stand-up, l'humour, c'est juste raconter son histoire et il s'avère que mon histoire, c'est que je suis trans », précise le comédien. J'ai créé ce spectacle pour que des gens comme moi ne se sentent pas seuls. Je parle de transition mais les autres peuvent également se sentir concernés. Trouver son chemin dans  ce monde peut être difficile.  — Lou Trotignon Trotignon a d'ailleurs choisi de nommer son spectacle « Mérou » en référence à la nature hermaphrodite du mérou, un poisson au sexe indéterminé pendant les premières années de sa vie. « Être trans, pour moi, c'est l'identité du doute, si on doute, c'est qu'on avance », ajoute-t-il. Invités : Lou Trotignon, comédien et humoriste. Son spectacle « Mérou » se joue actuellement à la Scala de Paris, du 9 au 19 juin 2026. Sam Bourcier, sociologue, figure de l'activisme queer, spécialiste des subcultures sexuelles, des féminismes et des transféminismes, collecteur d’archives orales, responsable de la programmation du Centre d'archives LGBTQI+ de Paris et professeur des universités. Programmation musicale : Alma Rechtman et son titre Corps tambour.

28 min
Jun 8, 2026
Comment démasculiniser la langue française?

Dans Et si on arrêtait de penser au masculin ?, publié aux éditions Le Robert, le psycholinguiste Pascal Gygax démonte les mécanismes de la masculinisation de la langue et montre en quoi ils influencent en profondeur notre vision de la société. Un père et son fils partent en voiture à la campagne. Sur le chemin, ils ont un accident. Le père meurt, mais le fils survit et est amené aux urgences. Arrivé à l’hôpital, le chirurgien de garde dit : « Je ne peux pas opérer car c’est mon fils ! » Comment cette situation est possible ?  C'est par cette devinette, qui s’avère être une question assez structurante, que commence l'essai co-écrit par Pascal Gygax ! La réponse est la « mère » mais beaucoup de gens testés ont eu beaucoup de peine à trouver la solution, comme si notre cerveau ne pouvait le capter immédiatement ! « Il y a un stéréotype ! On n'est pas habitué à l'association « chirurgien/femme ». En langue française, on a un autre problème : on utilise le masculin pour parler de personnes qui ne sont pas homme (médecin, professeur....) ». C'est ce qu'on appelle le masculin générique...   Pour le chercheur, le cerveau a du mal à envisager spontanément le féminin lorsqu'il doit souvent lever une ambiguïté entre un féminin et un masculin. « Mais notre cerveau n’aime pas laisser des cases vides : lorsqu’il doit trancher, il va plutôt se tourner vers le masculin. C’est une forme d’androcentrisme. Nous voyons le monde à travers un prisme plutôt masculin, parce que nous y avons été exposés depuis tout petits. » Mais, comment on est ont arrivé là ?  Tout d'abord, il y a eu des vagues de « masculinisation de la langue » notamment à partir du XVIIè siècle : des mots comme « autrice » ont disparu. « Une manière de dire aux femmes que les métiers tels que docteur, philosophe, sont réservés aux hommes ! C'est très assumé. »  Comment faire un langage plus inclusif ? Pascal Gygax nous apprend que les premières théories sur l'écriture inclusives apparaissent dans le livre de  Nancy Hardesty Inclusive Language in the Church. Dans cet ouvrage, l'autrice proposait d'utiliser des termes épicènes « enfant de Dieu » plutôt que « fils de Dieu ».  « Il ne faut pas confondre écriture inclusive et point médian qui est juste une des formes possibles de l'écriture inclusive », précise Pascal Gygax. D’autres stratégies existent : changer la fonction grammaticale, utiliser le pluriel ou encore recourir à la forme passive.  On peut aussi employer des doublets : « Françaises, Français », « les femmes et les hommes ». Mais est-ce que cela peut fonctionner ? « C’est surtout une question d’habitude. Certaines formes, comme les néologismes, mettront sans doute plus de temps à entrer dans les mœurs ». Et la chronique Ailleurs nous emmène à Kinshasa en <a

28 min
Jun 4, 2026
Juger le patriarcat : le grand procès-théâtre imaginé par Chirinne Ardakani

Dans Holopherne doit mourir, l'avocate Chirinne Ardakani met en scène le procès fictif du Patricarcat.  Un procès pour féminicide, un procès de masse historique au nom de toutes les femmes et pour toutes les victimes pour juger du patriarcat qui gouverne nos sociétés depuis des décennies voire des siècles. Une œuvre pensée pour créer du débat.  "J'ai imaginé ce procès du patriarcat car c'est une nécessité de savoir ce que des siècles nous ont laissé en héritage : le quotidien nous le montre, des femmes continuent à mourir car elles sont des femmes"  explique Chirinne Ardakani. Mêlant droit, théâtre et histoire de l’art, le Théâtre de la Concorde propose avec ce spectacle de rendre justice aux vies. Dans cette audience hors norme, des figures multiples– anonymes, historiques ou symboliques – sont appelées à comparaître. Toutes sont suspectées d’avoir participé, à des degrés divers, à une organisation criminelle tentaculaire : le Patriarcat incarné par Holopherne. Holopherne est un personnage du livre de Judith, dans la Bible. C'est un général sanguinaire chargé de piller les cités puis des violer les femmes. Il va tomber amoureux de Judith, une veuve magnifique qui va le séduire, le faire boire, puis le tuer en le décapitant. Au cœur du procès, il y a Holopherne mais aussi un tableau célèbre, Judith décapitant Holopherne signé par l'artiste italienne Artemisia Gentileschi du début du 17eme siècle. Très tôt dans le spectacle, il y a un montage vidéo ou sont incriminés tous les puissants de ce monde et de tous les pays, de l’Afghanistan au Soudan : "De tout temps, les lois, les états estiment que e corps des femmes est un sujet de législation. Qu'on peut disposer comme on veut de leurs corps."  L'avocate rappelle que le Code civil a longtemps été très misogyne en France avec de grandes inégalités qui perdurent encore dans de nombreux pays. Dans la vraie vie, Chirinne Ardanaki est avocate pénaliste à la Défense : je défends des hommes accusés de crimes sexuels mais dans la vie de tous les jours, elle est engagée pour la défense des femmes "Je défends l'homme mais je combat le mâle, le théâtre est un moyen pour cela." Invitée : Chirinne Ardakani, avocate en droit pénal et en droit des étrangers, autrice et militante pour les droits humains. Elle est l'avocate du Prix Nobel de la paix Narges Mohammadi.  Et le reportage de Fanny Imbert avec des spectateurs.  Programmation musicale :  L'artiste Yamé avec le titre Ne reviens pas.

29 min
Jun 3, 2026
«Au Liban, on ne vit jamais de vraie paix»: Souhaib Ayoub raconte la guerre dans «Le loup de la famille»

Dans Le loup de la famille, l'auteur libanais Souhaib Ayoub raconte la vie d'une famille traversée par la guerre.  Le loup de la famille raconte l'histoire d'une famille sur trois générations mais aussi la vie d'un immeuble dans un quartier pauvre de Tripoli, la deuxième ville du Liban au nord du pays.  Le roman n'est pas daté et c'est volontaire « il y a aussi beaucoup de guerres locales : à Tripoli par exemple, entre les Sunnites et les Alaouites, on a aussi la guerre civile et toutes les guerres personnelles de chaque famille ! » L’appartement familial a été bombardé et le narrateur, Hassan, un ado muet le raconte comme une légende, et pour cause, le narrateur n'était pas né ! La famille de cet immeuble est atypique : il y a Shamzé, la grand-mère, une femme bédouine qui a vécu de nombreux drames, Zied, le père amant de DolceVita, une femme transgenre.  Le roman est traversé de bout en bout par la guerre... « La guerre, cette fille de pute ! ». Souhaib Ayoub définit la guerre actuelle comme une guerre insupportable. « On est attaqués chaque jour par Israël ». Même en exil, il porte la douleur de la guerre et éprouve une forme de culpabilité à vivre loin de son pays. « Au Liban, on ne vit jamais de vraie paix, il y a juste des moments d'espoirs de paix. C'est un peuple qui vit en résistance tout le temps ! Chaque Libanais vit la guerre n'importe où, comme un acte de fuite. »  Invité : Souhaib Ayoub, écrivain, peintre et comédien, est né en 1989 à Tripoli, au Liban. Il réside à Paris depuis 2015. Il est à l'origine du projet « Ta’a naktob » (« Écrivons ensemble ») visant à promouvoir l’écriture créative auprès des jeunes.  Il est l'auteur de Rajul min sâtân (« Un homme de satin » sorti en 2019) et de « Le loup de la famille », aux éditions Actes Sud, son premier récit traduit en France.  Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l’oreille ». Cette semaine encore, on découvre les dessous de l'expression « se faire du mouron » avec Sarah Decottignies, lexicographe aux éditions Le Robert et toujours avec la complicité des élèves de CM1 A de l'École Arago, située dans le 13è arrondissement de Paris !  Programmation musicale : Les artistes JeanJass & Chilly Gonzales avec le titre « IMAX ».

28 min
Jun 2, 2026
Homère, l’Odyssée et nous : le regard de Christophe Ono-dit-Biot

Dans son nouveau livre L'Odyssée par l'Odyssée, l'auteur Christophe Ono-dit-Biot a décidé de raconter l’Odyssée de.... l’Odyssée, une lecture subjective du (très) long poème d'Homère !  Comment raconter l’Odyssée ? Ce long voyage d'Ulysse son héros, à travers les mers, l'histoire de sa femme Penelope et de son fils Télémaque. Plus de 12 000 vers et des dizaines de personnages, dieux et mortels, que l’on attribue à un certain Homère sans savoir si celui-ci a vraiment existé… Comment raconter cette épopée qui hante l’imaginaire occidental depuis l’Antiquité et la rendre accessible ?  Avec son livre, Christophe Ono-dit-Biot raconte ce qu'est ce texte comme si c'était un roman, précise l'auteur, « je veux donner l'envie au lecteur de se précipiter sur le texte homérique, même s'il est difficile à lire aujourd'hui ».  Une lecture moderne de l'Odyssée en courts chapitres Il raconte à sa façon les mots d'Homère et s'arrête pour expliciter les aventures par courts chapitres.  Cet amour pour le texte d'Homère, l'auteur le tient tout d'abord de la série animée Ulysse 31 diffusée à la télévision dans les années 80, puis des cours de grec ancien qu'il a suivis durant sa scolarité « C'est un texte qui contient de nombreuses réponses à des questions qu'on s'est posées à toute époque sur les grands thèmes : la mort, l'amour, l'inconnu mais aussi le transhumanisme, l'intelligence artificielle. C'est pour cela que ce texte traverse les siècles »    Oralité et épopées : quand les aèdes racontaient l’Odyssée Le texte fait partie des retours ou nostoi en grec. Christophe Ono-dit-Biot insiste sur l'importance de l'oralité car à l'origine, le texte est dit par les fameux aèdes, un artiste qui chante des épopées en s'accompagnant d'un instrument de musique souvent une phorminx, une sorte de lyre « C'était un peu les stand-uppers de l'époque ! Ils devaient être enthousiastes au sens étymologique du terme : c'est-à-dire presque possédés par les dieux ! »     De «nostalgie» à «xénophobie» : ces mots du quotidien hérités de l’Odyssée  Tout au long de votre livre, l'auteur souligne l’actualité de l’Odyssée mais aussi l’importance du grec dans notre vocabulaire. « Protée » qui a donné protéiforme ou encore les rituels d’hospitalité qui ont donné naissance au « philoxenia » lors de l’épisode du cyclope et son contraire « xenophobie »... « Circé » qui a donné « cirque » ou encore le mot « nostalgie » hérité des « nostoi ». Invité : Christophe Ono-dit-Biot, journaliste, écrivain français et directeur adjoint de la rédaction de l'hebdomadaire Le Point.  Auteur de «

28 min
Jun 1, 2026
Simon Paré-Poupart nous raconte sa vie de vidangeur dans «Ordures!»

Simon Paré-Poupart est éboueur - ou vidangeur comme on dit au Québec - depuis une vingtaine d'années dans la région de Montréal. Il publie Ordures! Journal d'un vidangeur chez Lux Éditions.  Simon Paré-Poupart est éboueur - ou plus précisément « Vidangeur » : car c'est le terme utilisé au Canada. Il nettoie la « marde » des autres. Depuis qu'il a commencé « sa » job, il a ramassé près de 70.000 tonnes de déchets.  Dans ce livre publié, véritable journal intime de son métier, Simon Paré-Poupart raconte les dessous de ce métier sans aucun pathos : la dure réalité de son métier : un métier physique, et peu valorisé socialement. Il se compare à un « Sisyphe de la société de consommation ».  Diplômé en sociologie, ce métier, il l'a choisi « Je trouve qu'il y a quelque chose d'enivrant à faire ce métier ».  Et on peut se poser la question : que racontent nos ordures ? Que disent-elles de nous qui jetons près de 2 milliards de tonnes de déchets par an dans le monde avec des matières de plus en plus difficiles à recycler ?  Simon Paré-Poupart se définit comme freegan. Il récupère les déchets de la société de consommation puis en vit afin de consommer le moins possible.  Éboueur par choix, par adhésion et en toute conscience, il raconte la fierté et la joie qu'il éprouve à exercer ce métier… ce qui va à rebours du premier sentiment que l’on peut avoir en voyant passer les camions poubelles !  Son livre n'est pas sans rappeler l'essai de Joseph Ponthus À la ligne publié en 2019. Disparu en 2021, cet auteur qui a travaillé à la chaîne dans les usines racontait les dessous de la vie dans les usines.  Ordures ! regorge d'expressions québécoises. « Job » est au féminin. On trouve aussi les mots « marde », le « helper », « le draveur » ou « le bucheux » ou encore des expressions telles que « Rester sur la run pour taler ».  Et la chronique Ailleurs nous emmène à Kinshasa en République démocratique du Congo où Valentin Kuamba Kuka nous parlera du laboratoire MASAPO qui célèbre la diversité des récits et revitalise l’art du conte.  Invité : Simon Paré-Poupart, écrivain, sociologue et vidangeur.  Son ouvrage Ordures ! a remporté le Prix des libraires du Québec 2025 dans la catégorie essai. À retrouver chex Lux Éditions. Programmation musicale :  Le groupe Il Est Vilaine avec le titre Ketchup purée.

29 min
May 28, 2026
«Feu de bois» un premier album pour la chanteuse Suzanne Belaubre

La chanteuse Suzanne Belaubre sort son premier album Feu de bois.   Elle voit la musique en couleurs… Chacune de ses chansons est associée à une teinte particulière. Suzanne Belaubre publie son premier vrai album après une mixtape. Ses chansons, très poétiques, abordent nos imperfections, nos fragilités, nos fêlures. Elle avait envie de faire un pas vers la lumière qu'on porte en soi.  L'artiste a la capacité d’associer la musique à des couleurs. À la fin du XIXè siècle, on appelait cela l’« audition colorée ». Aujourd’hui, ce phénomène neurologique porte un nom scientifique : la synesthésie. Et cela se ressent dans sa musique. « Quand je compose au piano, il y a la musique et les mots qui viennent ensemble ». Le disque est volontairement sans percussions, mais non sans rythme : Ce qui importe, c'est la mélodie et le jeu des silences.  Son album a été enregistré à Montréal, « J'avais découvert la scène francophone québécoise que je trouvais fantastique. Cela m'a beaucoup enrichie, notamment dans leur manière d'utiliser le langage. C'est très inspirant pour le chant et le déploiement de la voix. »  Les arbres, la nature, les oiseaux sont également des thèmes récurrents, presque obsessionnels dans Feu de bois. Suzanne Belaubre explique qu'elle a un rapport particulier aux arbres depuis son enfance. « Les arbres font partie des organismes les plus anciens de notre monde, on découvre énormément de choses sur leur fonctionnement. J'ai besoin de retrouver une mémoire ancestrale bienveillante, et c'est ce que peuvent m'apporter les vieux arbres ».  Invitée : Suzanne Belaubre, chanteuse, autrice, compositrice, pianiste, bassiste, beatmaker. Son premier album Feu de bois est composé de dix-huit titres enregistrés à Montréal.  Elle sera en concert le 3 juin 2026 à la Maroquinerie en première partie de Marie-Flore.     Programmation musicale :  - Cosmonaute - À mon rythme - Si je suis un arbre - C'est quoi la suite.

29 min
May 27, 2026
Dans «Clément», l'auteur Romain Lemire brise le tabou de l'inceste

Dans son romain Clément, l'auteur Romain Lemire brise le tabou de l'inceste que lui et ses frères ont subi durant son enfance.  Dans cette auto-fiction, Romain Lemire raconte son histoire même si vous avez changé les prénoms des protagonistes : un petit garçon qui vit une enfance heureuse avec ses deux frères et sa sœur au sein d’une famille bourgeoise, aimante, cultivée jusqu’à ce jour de juillet 1983 où son père qu'il admire tant, le réveille une nuit pour abuser de lui. Son père, un professeur de lettres brillant, un homme admiré, séduisant loin de l'image qu'on pourrait s'en faire.   Pour préparer le livre, il a fouillé dans vingt-cinq ans d'agendas, quinze ans de photos et relu toutes ses lettres.  Le roman évolue au fil des années du narrateur. La première partie du livre est écrite à la première personne : c’est un journal intime qui commence le jour de sa naissance, le 25 juin 1976, à la maternité de Port-Royal à Paris. On entend un bébé parler, commenter ce qui l’entoure avec humour. On le voit grandir, on partage ses joies, ses découvertes, ses étonnements et quand l’innommable se produit, quand il raconte avec l’innocence d’un garçon de 7 ans, ce que son père lui montre et lui demande... Puis c'est le récit de Clément devenu adulte à la première personne, ensuite à la troisième personne, avant un retour au retour au « je » et aux échanges épistolaires avec les membres de sa famille...  Avec ce roman, l'auteur entend témoigner et briser le tabou de l'inceste. Les chiffres sont terribles : en France, un enfant est victime d’inceste toutes les 3 minutes; un fléau qu’on retrouve à peu près dans les mêmes proportions partout dans le monde.   Invité : Romain Lemire, auteur, parolier et chanteur. Son roman Clément est paru aux éditions Le Cherche-Midi.  Clément a remporté le Prix Goncourt du Premier roman.  Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l’oreille ». Cette semaine encore, on découvre les dessous de l'expression « Faire amende honorable » avec Jean Pruvost, et toujours avec la complicité des élèves de CM2B de l'école Arago, située dans le 13è arrondissement de Paris. Programmation musicale :  L'artiste Camille Yembé avec le titre Rien à fêter.

29 min
May 26, 2026
«C'est si simple l'amour» de Charles Berling : un huis-clos sur les non-dits du couple

L'acteur et metteur en scène Charles Berlin signe la mise en scène du texte « C'est si simple l'amour » dans un dyptique consacré à l'auteur Lars Norén. Un huis-clos à l'humour mordant et aux dialogues acérés.  Deux couples d’amis se retrouvent pour fêter la première d’un spectacle mais au fur et à mesure que l’alcool délie les langues, ils vont se déchirer, exposer leurs failles, leur jalousie, leurs trahisons et révéler leurs vrais visages au terme d’une soirée explosive : « Lars Noren voulait écrire ce qui surgissait, sans se censurer », nous précise Charles Berling. Un salon bourgeois comme théâtre de l’explosion intime La pièce se déroule dans un immense salon bourgeois, décoré avec goût : une partie du public est placée sur scène, les spectateurs sont donc assis à deux pas du cœur de l’action « Je voulais matérialiser sur scène le fait qu'on a de moins en moins d'intimité ». Les canapés sont recouverts de draps blancs. « Au début, tout est beau, tout est emballé puis tout se délite ! »  Une tragicomédie selon Norén et Berling La pièce oscille entre humour noir et règlements de comptes sans pitié. Les dialogues sont très crus, les insultes foudroyantes : « quand la tragicomédie existe, quand les gens rient et sont effrayés, je suis  totalement heureux ». Malgré cela, la pièce ne bascule jamais dans le pathos. « Ce qu'il faut c'est qu'on rentre dans la pièce et qu'elle nous bouleverse, on a fait un grand travail de texte ».  « Lost and found » et « C’est si simple l’amour » font partie du cycle des 14 pièces écrites par Norèn entre 1989 et 1995.  Invité : Charles Berling, né en 1958 à Saint-Mandé, est un acteur, metteur en scène et réalisateur français. Issu d’une famille de diplomates, il passe son enfance entre l’Asie et l’Afrique, puis se forme au théâtre en France. Révélé au cinéma dans les années 1990, il se fait connaître du grand public avec des films comme « Nelly et Mr Arnaud », « Ridicule » ou « L’ennui ». Il mène en parallèle une importante carrière au théâtre, comme comédien et metteur en scène, et devient aussi directeur de lieux culturels (notamment à Toulon/Châteauvallon). Engagé, il défend une vision exigeante et populaire de la culture, entre cinéma d’auteur, théâtre et projets audiovisuels. Il dirige le Théâtre Chateauvallon Liberté Scène à Toulon.  Lars Göran Ingemar Norén est un poète, metteur en scène, dramaturge et auteur suédois, né le 9 avril 1944, à Stockholm en Suède, et mort le 26 janvier 2021. Il est considéré comme l’une des grandes voix du théâtre européen contemporain. Souvent rapproché de Strindberg ou de Bergman, il explorait dans ses pièces, les zones sombres de l’intime : familles en crise, secrets, maladies, solitude, violence

28 min
May 25, 2026
Roman: «L’école de la vie» quand une classe STMG explore l’écriture et les mots

Comment se construire, comment imaginer son avenir, comment croire en ses rêves lorsqu’on passe sa terminale de lycée de banlieue parisienne dans une « classe poubelle » comme les élèves eux-mêmes la surnomment ? Marion Fritsch publie L'École de la vie, aux éditions Albin Michel.  Ils s'appellent Antoine, Inès, Adama, Clara, Rachid ou Fanny. Ils ont 17 ans, des sacs vides et forment « la classe poubelle ». L'École de la vie est un roman écrit à la première personne du singulier qui mélange histoire personnelle, fiction et réalité.  Marion Fritsch puise dans ses souvenirs de lycée et fait parler des anciens camarades de classe de terminale STMG (Sciences et technologies du management et de la gestion) : une filière du lycée général et technologique en France : « Ce sont les années qui m'ont le plus appris ». Un livre, écrit en vers libres — à mi-chemin entre la poésie et la narration. Les polices varient, certains passages sont en italique, d’autres en majuscules, des mots se lisent verticalement, s’éparpillent au beau milieu d’une page ou forment carrément un portrait… Sans que jamais le lecteur ne soit perdu : le texte en sort encore plus vivant ; une façon de le rendre plus musical, de lui donner du souffle : « Je voulais faire ressortir des émotions, par une écriture visuelle. » Elle restitue une langue adolescente et jeune du début des années 2000 : « Il y a beaucoup d'oralité dans mon écriture », précise-t-elle. Elle évoque à travers les portraits de plusieurs de ses anciens camarades des thèmes chers à l'adolescence tels que l’homosexualité, les grossesses précoces, la violence sociale dans une classe quelque peu méprisée par les professeurs qui parlent d'eux comme on parlerait d’une brigade criminelle.  Elle raconte également avoir grandi en banlieue avec « de grandes lacunes scolaires » et le sentiment de ne « jamais réussir ». L'autrice publie aussi des recueils de poèmes et des textes sur les réseaux sociaux. Elle est convaincue que « tout le monde peut lire, être touché par la poésie ».   Invitée : Marion Fritsch, écrivaine et poète. Elle a créé son compte Instagram @unlivre_unehistoire. Elle anime des ateliers d'écriture au tribunal de Bobigny avec des jeunes en réinsertion. Son roman L'École de la vie est paru aux éditions Albin Michel. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Kigali, au Rwanda, où le Centre culturel francophone fête cette année ses cinq ans. Programmation musicale : L'artiste montréalais Math

29 min
May 21, 2026
«Le procès d'une vie» : une pièce sur le combat de Gisèle Halimi pour le droit des femmes

Dans le «procès d'une vie», Barbara Lamballais et Karina Testa reviennent sur le combat de Gisèle Halimi lors du procès de Bobigny en 1972... Le spectacle vient d'être récompensé à trois reprises, lors de la dernière cérémonie des Molières.  Automne 1972 : au cours d’un procès retentissant, l’avocate Gisèle Halimi obtient la relaxe pour Marie-Claire Chevallier accusée d’avoir avorté, ce qui en ces années-là était interdit par la loi, mais aussi pour sa mère et la femme qui avait pratiqué de manière clandestine cette interruption de grossesse. Ce fut un tournant pour l’histoire des femmes et l’histoire du droit. C'est à partir de cet évènement que Barbara Lamballais et Karina Testa ont écrit Le procès d’une vie.  Un texte écrit à quatre mains dont l'écriture a été initiée en 2018 alors que Gisèle Halimi était encore en vie. Un spectacle très documenté sur les faits : elles ont fait appel à des professionnels de la justice pour bien comprendre tous les tenants et aboutissants de l'affaire.  En août 1971 : Marie-Claire Chevalier, jeune est âgée de 16 ans. Jeune fille isssue d'un milieu populaire, elle est violée par un élève de son lycée âgé de 18 ans. Elle se retrouve alors enceinte et elle demande à sa mère de l'aider à avorter : l'avortement est alors illégal et passible de cinq ans de prison.  De son côté, son violeur est arêté pour une affaire de vol de voiture ; il dénonce Marie‑Claire Chevalier pour avortement clandestin, espérant ainsi obtenir un traitement plus favorable de la justice. Elle est alors poursuivie ainsi que sa mère et les femmes qui l’ont aidée. L’avocate Gisèle Halimi décide de faire de ce procès un acte politique en dénonçant publiquement l’injustice de la loi anti-avortement et en montrant que ce sont surtout les femmes les plus modestes qui en souffrent. Ce procès devient un événement médiatique majeur et suscite un large mouvement de soutien : intellectuels, médecins, militants et une partie de l’opinion se mobilisent. Marie‑Claire est finalement relaxée, et les autres prévenues reçoivent des peines symboliques. L’affaire de Bobigny joue un rôle décisif dans l’évolution des mentalités et prépare le terrain à la loi Veil de 1975, qui dépénalise l’IVG en France. Le spectacle raconte donc un procès, mais aussi un pan de l'histoire de la société française....  Invitées : Barbara Lamballais, autrice et metteuse en scène de la pièce Le procès d'une vie Karina Testa, autrice et comédienne de Le procès d'une vie.    À voir au Théâtre du Splendid jusqu'en janvier 2027. Et cet été, à Avignon au Théâtre des Gémeaux du 4 au 25 juillet 2026.  Programmation musicale : L'artiste L

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May 20, 2026
Amaury Da Cunha nous raconte son rapport au téléphone et à la voix dans «Touche Fantôme»

Depuis un coup de fil qui a bouleversé sa vie en 2009, Amaury da Cunha entretient un lien ambigu avec son téléphone portable... En juillet 2009, Amaury Da Cunha apprend le suicide de son frère par un appel téléphonique glaçant.  Dans son roman Touche Fantôme, il retrace le rapport qu'il entretient avec son téléphone et son obsession pour les voix car, dit-il, c'est selon lui « la signature la plus intime de l'âme ».    Invité : Amaury Da Cunha, journaliste au Monde des Livres, photographe et écrivain né en 1976 à Paris. Son dernier roman Touche fantôme est publié aux éditions de l'Iconoclaste.  Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l’oreille ». Cette semaine encore, on découvre les dessous de l'expression « Arrête ton char(re) ! » et toujours avec la complicité des élèves de CM2B de l'école Arago, située dans le 13è arrondissement de Paris. Programmation musicale : l'artiste Aure avec le titre Orage.

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May 19, 2026
80 ans de «Paroles», pourquoi tout le monde se reconnait dans la poésie anticonformiste de Prévert?

La neuvième édition du Festival Aux Quatre coins du mot s’articule autour du thème « Paroles données » et rend hommage au recueil Paroles de Jacques Prévert, publié il y a 80 ans. Poète par défaut, dit-il, mais poète pour l’éternité !  En 2026, sont célébrés les 80 ans de la parution du recueil le plus célèbre de Jacques Prévert : Paroles.  Une poésie de la rue.... ...Oui, mais une poésie savante aussi ! insiste Daniele Gasiglia-Laster. Il écrit avec les mots de tous les jours, tout en réfléchissant sur le langage. C'est une poésie truffée de références culturelles. De ce fait, la poésie de Prévert, accessible à tous, fait de lui un poète d'une modernité extraordinaire selon Daniele Gasiglia-Laster.  Mais Prévert ne séduit pas seulement les adultes : sa poésie, souvent transgressive, conquiert aussi les enfants. Des poèmes comme Le Cancre sont adoptés par les instituteurs, qui en font circuler les textes dans les écoles.   René Bertelé, l'homme de Paroles En 1946, René Bertelé, éditeur, publie Paroles, un recueil qui va marquer l’histoire de la poésie française. Il y rassemble une sélection de 95 textes écrits par Jacques Prévert entre 1930 et 1944. Ces textes, d’une grande diversité, oscillent entre instantanés réalistes et envolées surréalistes, entre poèmes en rimes et en prose, le tout avec une ponctuation minimaliste. Certains textes tels que Déjeuner du matin capturent des scènes du quotidien, tandis que d’autres s’étirent en réflexions plus longues. Le succès est immédiat : Paroles devient un phénomène, touchant un public bien plus large que les cercles littéraires traditionnels.    Prévert et Kosma : de la poésie à la musique Les chanteurs et chanteuses des années 1950 et 1960, comme Juliette Gréco, Cora Vaucaire ou Yves Montand, contribuent à populariser encore davantage ses textes en les adaptant à la chanson. Gréco, par exemple, réinterprète à sa manière des poèmes initialement écrits pour Arletty, Je suis comme je suis transformant des textes tragiques en performances inoubliables. Parallèlement, sa collaboration avec le compositeur Joseph Kosma, un immigré hongrois, donne naissance à des chansons emblématiques comme À la belle étoile, renforçant encore son influence culturelle.  Invitées : Daniele Gasiglia-Laster, auteure et critique littéraire. Spécialiste de Jacques Prévert, elle a fait publier ses œuvres complètes dans la collection, Eugénie Bachelot-Prévert petite-fille de Jacques Prévert.    Jacques Prévert (1900–1977). Poète et scénariste français. Né à N

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May 18, 2026
Festival aux quatre coins du mot, Sonia Chiambretto : une littérature de la rencontre

La neuvième édition du Festival Aux Quatre coins du mot s’articule autour du thème « Paroles données » et rend hommage au recueil Paroles de Jacques Prévert, publié il y a 80 ans.Egalement invitée, l'autrice Sonia CHIAMBRETTO, invitée d’honneur du festival.  Se glisser sous une yourte pour une demi-heure de lecture, participer à un atelier de chansons, assister à une pièce de théâtre sur les jurons, à une lecture dans un cloître ou à une conversation autour de l’œuvre : chaque année, au week-end de l'Ascension, la ville de La Charité-sur-Loire célèbre le mot sous toutes ses formes.  Un festival axé sur le partage et l'accueil  Créé en 2005 à La Charité-sur-Loire, le Festival du Mot s'est installé en 2014 au cœur du prieuré de la cathédrale du XIᵉ siècle, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. En 2019, il prend une nouvelle dimension et devient Le Festival Aux Quatre coins du mot, un événement résolument tourné vers « le partage, la bienveillance et l’accueil », comme le souligne Philippe Lemoine, son directeur.  Pour cette nouvelle édition, le festival célèbre les 80 ans de Paroles, le célèbre recueil de poésie en vers libres de Jacques Prévert, dont l’esprit libre et populaire continue d’inspirer. Sonia Chiambretto : des mots pour les oubliées  Sonia Chiambretto, poète et autrice invitée d’honneur du festival, explore à travers ses œuvres Peines mineures ou Supervision — publiées aux éditions de l’Arche — des récits marqués par l’histoire et la singularité des voix oubliées. "La poésie, c’est vraiment l’endroit de la recherche, il y a beaucoup de choses qui arrivent dans la langue, des petites révolutions, comme avec l’écriture inclusive. La langue porte quelque chose de très fort"    Peines mineures, texte de commande, plonge dans les archives des jeunes filles élevées au sein de la Congrégation religieuse fondée en 1835 et dont les méthodes d’éducation ont peu évolué. Mise en scène par Marcial Di Fonzo Bo avec Inès Quaireau, cette œuvre allie dimension documentaire et écriture poétique, où Sonia Chiambretto travaille « au son, à l’oreille » et « organise les silences », s’appuyant sur des archives des années 1950 à 1970. Pour elle, « il n’y a pas de gens ordinaires, chaque personne a une singularité ».     Invités :    Sonia Chiambretto, poète et autrice, invitée d'honneur du festival. Ses textes, Peines mineures, et Supervision sont oubliés aux éditions de l'Arche et Philippe Lemoine, directeur de la <a href="https://c

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May 14, 2026
«Des hommes endormis», une pièce sur les relations de couple mise en scène par Ludovic Lagarde

Le metteur en scène Ludovic Lagarde met en scène le texte du dramaturge Martin Crimp Des hommes endormis. Une pièce à voir à l'Athénée jusqu'au 24 mai.  Amour, boulot, pouvoir, désir : deux couples tâtonnent, tentent de faire le point, pour se dire… ou ne pas se dire des choses, le temps d’une nuit, une nuit propice à la parole et à la divagation.  Le texte de Crimp est fait de conversations, un peu hachées, un peu fragmentaires, où l'exploration du thème de la violence n'est jamais loin. La pièce démarre à deux heures du matin : Paul, qui crée de la danse, et Julia, critique d'art contemporain. Ce couple de quinquagénaires sans enfants mais qui a réussi socialement s'interroge sur son avenir quand surviennent Joséphine – assistante de Julia – et Tilman, jeune couple, futurs parents, invités par Julia. Invités : Ludovic Lagarde, metteur en scène. Il a mis en scène de nombreux auteurs du répertoire – Shakespeare, Tchékhov, Brecht –, mais aussi des auteurs plus contemporains tels que Samuel Beckett, Harold Pinter, Sarah Kane ou encore Olivier Cadiot avec lequel il a beaucoup collaboré. Il met en scène Des hommes endormis.  Laurent Poitrenaux, comédien. Il travaille avec Ludovic Lagarde depuis près de 40 ans. Il joue le rôle de Paul dans la pièce.  Le texte Des hommes endormis a été écrit par Martin Crimp, un auteur britannnique contemporain né en 1956. Dans ses textes, il aborde, avec un humour grinçant, la question de la violence. Il est l’un des auteurs de théâtre vivants parmi les plus importants. La pièce Des hommes endormis a été créée en 2018 pour la troupe du Deutsche Schauspielhaus à Hambourg. Le texte a été traduit en français par Alice Zeniter, qui a consacré sa thèse à l'auteur britannique et publié aux éditions de l'Arche.  À voir au Théâtre de l'Athénée-Louis Jouvet jusqu'au 24 mai.  Programmation musicale : L'artiste Ofé et son titre Je sais que tu m'aimes.

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May 13, 2026
Quels sont les nouveaux mots du Petit Robert 2027?

La lexicographe et directrice de la rédaction des dictionnaires Le Robert Géraldine Moinard revient sur les nouveaux mots intégrés à l'édition 2027 du Petit Robert de la langue française, paru ce mercredi 13 mai 2026. D'une année à l'autre, il se ressemble mais n'est jamais vraiment le même. Il s'enrichit, en fait. Comme la langue française qu'il définit, le dictionnaire vit. Il s'adapte à son temps et grandit. Et, surtout, chaque année, il agrandit son propre spectre : celui des mots acceptés par la communauté lexicographique. « Banger », « bouiner », « charo », « matrixer », « miskine »... Nombreux sont les mots (pas si) nouveaux inclus dans cette nouvelle édition du Petit Robert. Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l’oreille ». Cette semaine encore, Lucie a concocté une chouette rubrique avec la complicité du lexicographe Jean Pruvost et des élèves de CM2B de l'école Arago, située dans le 13e arrondissement de Paris.   Invitée : Géraldine Moinard, lexicographe, directrice de la rédaction des dictionnaires Le Robert. Programmation musicale : Ezéchiel Pailhès et son titre Pas tant de d'chichi ponpon.

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May 12, 2026
«Musiques en héritages» de Ludmilla Dabo : comment la musique transmet-elle nos racines?

Ludmilla Dabo présente son nouveau spectacle Musiques en héritage, au Théâtre de la Tempête : une création au carrefour du récit et du concert où chacun raconte sa famille, en chansons. Sur scène, six artistes, comédiennes, musiciens, à l’invitation de Ludmilla Dabo pour parler de leurs musiques préférées ou, plus précisément, raconter les mélodies de l’enfance, les premières chansons entendues ou chantées. «Musiques en héritage» est le nouveau spectacle de Ludmilla Dabo qui a toujours mis la musique au cœur de ses projets depuis une quinzaine d’années. Reprise, featuring, remix… un spectacle collaboratif Parce que la musique est faite pour être partagée, Ludmilla Dabo s’associe à cinq autres artistes (Anthony Capelli, Louis Jeffroy, Kaloune, Gilles Normand et Élise Vigier), qui l’accompagnent et se dévoilent au fil d’une soirée aux airs de veillée autour d’un feu de camp. Elle souligne d’ailleurs un travail mené « en toute collectivité ». En invoquant les sons qui ont bercé leur enfance, ils renouent avec leurs parents, entretiennent le souvenir des proches qui les ont quittés. En quelques révolutions du tourne-disque, le tour est joué ; on peut remonter le temps. Ludmilla Dabo évoque sa mère et ses tantes qui pouvaient danser sur du James Brown et retrouver leurs vingt ans. Pas de nostalgie pour autant : en reprenant les titres que d’autres leur ont fait découvrir, les six interprètes se les réapproprient. Un héritage à partager La musique, c’est le temps qui passe. Les mélodies, comme les années, se suivent sans se ressembler. Louis transmet un air traditionnel breton à ses collaborateurs, air qui lui vient de son grand-père, Kaloune choisit de mettre à l’honneur le maloya et chante en créole réunionnais. Ludmilla Dabo rappelle que le maloya fait aussi partie de notre patrimoine en tant que français, qu’il est la « mémoire d’un territoire » et qu’il fait partie de la musique qu’on reçoit en héritage. Selon la formule employée par Ludmilla Dabo, la musique trace « un chemin », jalonne un parcours individuel ; et souvent, ces chemins se rencontrent. Comme lorsque Gilles Normand, le guitariste, révèle au reste du groupe qu’il a été membre des Poppys quand il était petit garçon. En guise de réponse, la troupe entonne Non, non rien n’a changé, et le public aussi s’y met : la salle se lève, chante, danse, applaudit. La musique nous relie les uns aux autres. Un objectif que Ludmilla Dabo cite dans le programme du spectacle : nous permettre d’« être de concert ensemble ». De mère camerounaise, elle ne parle pas le bassa, mais elle peut le chanter. C’est justement avec un cantique en bassa qu’elle a appris des femmes de sa famille qu’elle commence chaque représentation. Pas de barrière de la langue : tout ce qui peut se dire en musique se passe de traduction. Diplômée du Conservatoire National Supérieur d’Ar

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May 11, 2026
«Kò Mawon» : un roman d'anticipation de Michael Roch

Après Tè Mawon et Les Choses immobiles, l'auteur Michael Roch publie «Kò Mawon» un roman d'anticipation et d'imagination.  Invité : Michael Roch, écrivain français né en 1987. Il vit actuellement en Martinique.  «Kò Mawon» est publié aux éditions La Volte.  Programmation musicale : L'artiste Vonfelt avec Leskop avec le titre La Nuit.

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May 7, 2026
«Ici sont les dragons», Ariane Mnouchkine raconte la montée des totalitarismes

Dans cette nouvelle création, «Ici sont les dragons», la metteuse en scène Ariane Mnouchkine, raconte en deux époques la montée des totalitarismes.  Dans la première partie, 1917 : la victoire était entre nos mains, la metteuse en scène et ses comédiens remontent le fil de l’Histoire jusqu’à la révolution russe de 1917.  La première époque met en scène Lénine, Trotski et Staline et dévoile la manière dont une révolution peut être confisquée à un peuple par quelques hommes, tandis que la deuxième période couvre les années 1918-1933 et la montée du nazisme jusqu'à l'arrivée d'Hitler au pouvoir et se nomme «Choc et mensonges» : un titre emprunté à Goebbels, ministre de Propagande d'Hitler...  Une fresque historique en deux époques  L'histoire débute à la fin de l'année 1916: trois femmes de noir vêtues, portant une lanterne s’avance sur scène et nous disent... «et souviens-toi, tout commence toujours par une guerre...».  Mais il faut revenir à la toute première image projetée en fond de scène : une vidéo de Vladimir Poutine, face à laquelle le personnage de Cornélia le somme de se taire… Pour la metteuse en scène, l'invasion de l'Ukraine le 24 février 2022 a été le déclencheur de cette nouvelle création «Ça a été un tel choc. Comment est-ce possible qu'aujourd'hui un pays en Europe puisse en envahir un autre ? Comment arrive-t-on de cette Révolution à Poutine avec cette inguérissable impérialisme ?»  "Tout ce que les personnages disent, ils l'ont soit dit, soit écrit"   Une force d'incarnation dans la mise en scène  L’une des surprises tient au traitement des voix : la plupart sont enregistrées, le spectateur n’entend donc pas la voix du comédien. On entend une voix, on voit un autre corps… Cela est lié à la présence de plusieurs langues étrangères dans le spectacle : «On a essayé de faire le spectacle en français, mais cela faisait bizarre de voir Lénine parler en français ! On perdait l'époque, l'étrangeté, l'historicité».  Tous les comédiens portent des masques ou des demi-masques qui les font ressembler aux personnages mais cela ne tient pas seulement à la passion qu’Ariane Mnouchkine voue aux masques «C'est un outil extraordinaire pour l'acteur. Pour qu'on croit que Lénine est en scène, il fallait le masque, autrement, ça aurait été un acteur qui essaye de ressembler à Lénine. Ici c'est l'incarnation qui rentre en scène et sorte de l'oubli».   Pour Ariane Mnouchkine, le spectacle est une alerte, il parle d'aujourd'hui. «Un spectacle peut et doit parfois être un tocsin. Pas un glas, mais un tocsin. Le tocsin réveille, le glas annonce la fin, la mort. Les dragons, ce sont des tocsins». Invitée :  Ariane Mnouchkine (née en 1939) est une metteuse en scène française majeure, fondatrice du Théâtre du Soleil en 1964

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May 6, 2026
«Les chemins écarquillés», un roman apocalyptique d’Aurélien Blanchard

Aurélien Blanchard, éditeur et traducteur, publie Les chemins écarquillés, un premier roman aux accents post-apocalyptiques.  C’est une course poursuite, à toute allure, comme dans un film de genre : Les chemins écarquillés est le premier roman d’Aurélien Blanchard, connu jusque-là pour être éditeur et traducteur. Il raconte la cavale de Braque, un ex-taulard à peine sorti de prison et de Victor, la créature qui fuit pour finalement échapper au zoologue Ernest Choisuel qui en veut à la vie de la créature, et à monsieur Petit, un flic solitaire, à leurs trousses.  Invité : Aurélien Blanchard, éditeur et traducteur. Il a été éditeur pendant près de vingt ans.  Les chemins écarquillés, publié chez Christian Bourgois, est son premier roman.  Et comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup s'amuse à décortiquer pour nous, les expressions de la langue française que Lucie choisit de décrypter avec Jean Pruvost, lexicographe. Avec la complicité des élèves de l'école Arago.    Programmation musicale :  Les artistes Clovis et Lemofil avec le titre Un bleu si bleu.

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May 5, 2026
«Né sur des pissenlits» du dramaturge Jocelyn Danga, un premier roman sur l'immigration

Pour ce premier roman, le dramaturge congolais Jocelyn Danga utilise le parler cru de Kinshasa pour nous raconter l’histoire de Muntu, un professeur de lycée désabusé qui va partir à Metz...  Il s’appelle Muntu. En langue bantoue, cela veut dire « homme » ou « humain ». Et le roman de Jocelyn Danga est fait de ses attentes, de ses désirs, de ses fantasmes, de ses colères et son amour pour Moro, la mère. Il partage le quotidien de millions de Congolais ou du moins de Kinois, qui ont fait de la débrouille un art : « Se débrouiller ou mourir, ce devrait être le slogan de Kinshasa ». Il va donc partir, en France, avec un plan foireux mais légalement après s'être fait virer de son poste d'enseignant après avoir abusé d'alcool.  La premère partie du roman se passe à Kinshasa. L'auteur raconte avec des mots assez durs, le quotidien de Kinshasa avec ses bruits, ses odeurs mais aussi avec sa géographie de la ville avec ses noms de rues, de boulevards et ses spécialités.  Il critique également le système scolaire miné par la corruption avec des élèves qui « ont un creux béant dans le crâne ». Jocelyn Danga explique « qu'on sacrifie la jeunesse, avec la corruption ».    Invité :   Jocelyn Danga, est un poète et dramaturge congolais de Kinshasa. En 2024, il a écrit une dizaine de pièces dont deux sont éditées Un oiseau à l’aube (éditions Passage(s) et Cette lettre que je t’écrirai peut-être jamais (éditions Nzoï).  En 2024, sa pièce « Ne t'étonne pas si ma lettre sent le sel » est lue dans le cadre du cycle « Ça va, ça va le monde ! » au Festival d'Avignon. Une pièce qui abordait déjà le thème de l'immigration.  Né sur des pissenlits, publié aux éditions Elyzad, est son premier roman. Il vit à Chambéry depuis plusieurs années.    À écouter aussiJocelyn Danga Motty (République démocratique du Congo): «Ne t'étonne pas si ma lettre sent le sel»   <p

28 min
May 4, 2026
Ismaël Jude fait voyager la France des romans et le végétal en nous

L'auteur Ismael JUDE a deux actualités littéraires avec Une vie de Jasmin, un roman publié aux éditions Verticales mais aussi avec un atlas, En France : sur les pas de personnages de romans, publié chez Autrement. Connaissez-vous la France de Madame Bovary, celle de Lancelot du Lac ou encore celle d’Augustin Meaulnes ? Autant de héros qui ont arpenté villes et campagnes, donnant à certains paysages une aura, comme la Provence de Marcel Pagnol. De Desvres à Pointe-à-Pitre, avec une escale à Porto-Vecchio, ce voyage littéraire suit les traces de personnages qui ont façonné notre imaginaire, héros comme anti-héros. Un atlas pour du tourisme littéraireCet atlas offre une véritable occasion de faire du tourisme littéraire, de vivre, aimer et mourir avec les héros des romans. Une quarantaine de destinations sont proposées, on y trouve des itinéraires, mais aussi des cartes pour identifier les lieux de ces personnages. Tout commence avec Balzac qui, inspiré par Walter Scott, veut écrire l’histoire récente de la France en répartissant ses romans sur tout le territoire. Il commence par décrire la ville de Tours et ses alentours. On y croise aussi des portraits du Havre, de Toulon, de Marseille.Certaines villes ou régions sont devenues indissociables d’un auteur : Chateaubriand et Saint-Malo, la Provence et Pagnol. Quelques régions sont toutefois surreprésentées, comme la Normandie ou la Provence. Et certains écrivains se sont arrangés avec la réalité : certains auteurs se sont quelque peu arrangés avec la réalité: Trouville n'est plus le petit port de pêche paisible des romans de Flaubert. Cependant, l'émission y reste présente. D’autres territoires, comme le Pays basque ou le Béarn, sont au contraire moins bien représentés. Cet atlas met en avant une véritable dimension patrimoniale de la littérature : plein de références littéraires   Une vie de Jasmin, un roman éco-poétiqueIsmael Jude publie également un roman. C’est l’histoire assez extraordinaire, d’une jeune femme-fleur prénommée Jasmin, qui s’écrit étrangement avec des caractères arabes et dont les parents se sont rencontrés sous le signe des fleurs, avant de les détester Jasmin aime les fleurs et qui ne vit que par les odeurs. Elle a un lien très fort avec les fleurs puisque son corps se recouvre de fleurs ou de herbes diverses. Mieux encore : quand Jasmin marche pieds nus, sur ses traces poussent des fleurs. Elle pratique une sorte de “dermaculture” et se drogue au glyphosate…Un roman éco-poétique écrit entre La Ciotat et Grasse dans une langue rare et sensuelle qui permet de renouer avec le végétal qui est en nous.L'auteur a beaucoup joué avec les mots et le champ lexical des plantes   Invité :  Ismaël Jude, romancier et docteur en littérature. Auteur de <a href="https://www.a