
Vlan!
Gregory Pouy·627 episodes
Un podcast pour comprendre ce qui est en train de se transformer avant que cela ne devienne évident et pour vous redonner envie du futur sans optimisme naif ni cynisme mais avec lucidité.Tendance humaniste. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Ceci est un épisode Solo et donc une lecture de ma newsletter à laquelle vous pouvez vous abonner juste ici - Je vous invite également à participer à ma cagnotte sur Tipeee, c'est juste là.j'ai beaucoup approché ce sujet sans jamais en parler directement alors dans cet épisode, je parle de l'épuisement systémique, pas de fatigue passagère. J'interroge l'incertitude comme carburant silencieux de notre surcharge cognitive, l'accélération décrite par Hartmut Rosa, la pression financière documentée par Antoine Foucher, le capitalisme de la jouissance analysé par Michel Clouscard, la machine à attention qui se nourrit de notre peur, et l'isolement silencieux de nos grandes villes. J'ai questionné aussi le grand mensonge de la productivité, et ce que Viktor Frankl, Pablo Servigne, Byung Chul Han et Olivier Hamant ont chacun à nous dire sur comment traverser ça sans se noyer. Et je finis par trois directions concrètes, pas des solutions miracles, juste des pas de côté qui permettent de ne pas s'épuiser à nager à contre-courant.Citations marquantes"Notre réponse à l'épuisement est presque toujours la même : on essaie de trouver une méthode pour optimiser. Et c'est là que ça devient pathétique, parce que même ceux qui veulent ralentir adorent une méthode pour le faire rapidement.""L'amygdale ne fait pas vraiment la différence entre 'un lion va me dévorer' et 'je ne sais pas ce qui va se passer dans six mois avec mon boulot, mon loyer, la géopolitique, l'IA ou le prix de l'énergie.' Les deux produisent de l'épuisement.""On n'a jamais été aussi optimisé et pourtant on n'a jamais eu aussi peu de temps.""L'ennui est biologiquement plus proche de l'énergie que de la léthargie. Le vide n'est pas un problème à remplir, c'est une condition nécessaire à la pensée profonde.""L'épuisement que vous ressentez n'est pas une faiblesse. C'est une réponse rationnelle à un système qui n'est pas conçu pour l'humain."Idées centrales 1. L'épuisement est systémique, pas personnel Ce n'est pas parce que vous êtes mal organisé ou pas assez zen. Nous sommes collectivement victimes d'un système qui n'est pas conçu pour l'humain, avec des ressources inégales pour y faire face. L'individualiser, c'est exactement ce que le système veut qu'on fasse. [~03:00]2. Notre cerveau est une machine à prédire coincée dans un monde imprévisible Pendant des millions d'années, l'anticipation était une question de survie. Aujourd'hui, cette même mécanique tourne en surchauffe permanente face à des menaces diffuses et globales qu'elle ne peut ni identifier clairement ni neutraliser. C'est là que commence l'épuisement, bien avant le surmenage. [~06:30]3. Trois accélérations simultanées qui se renforcent Hartmut Rosa distingue l'accélération technique, l'accélération du changement social et l'accélération du rythme de vie lui-même. Nous vivons les trois en même temps, sans jamais avoir le temps de nous adapter à l'une avant que la suivante arrive. [~12:00]4. La productivité vendue comme remède est souvent une cause supplémentaire L'ennui n'est pas de la paresse, c'est une émotion fonctionnelle qui prépare biologiquement le corps à l'action et ouvre la porte à la créativité. Remplir chaque vide par une stimulation externe, c'est se priver de la condition nécessaire à la pensée profonde. [~22:00]5. Le contrat du travail est rompu, et on fait semblant de ne pas le voir Pendant les Trente Glorieuses, on doublait son niveau de vie en 15 ans. Aujourd'hui, il faut 84 ans, soit deux vies de travail. Ce n'est pas une opinion, c'est documenté. Et continuer à courir plus vite dans ce contexte s'appelle de l'épuisement par définition. [~17:00]6. Nager en perpendiculaire plutôt qu'à contre-courant Résister frontalement épuise. Comme dans une baïne, la bonne réponse n'est pas de nager vers la plage mais à la perpendiculaire. Silence, soutien, sens : trois mouvements latéraux qui permettent de sortir sans s'y laisser noyer. [~28:00]Questions structurantes de l'épisodePourquoi notre réponse instinctive à l'épuisement est-elle toujours de chercher une méthode pour l'optimiser ?En quoi l'incertitude du monde contemporain active-t-elle les mêmes mécanismes que la menace physique dans notre cerveau ?Qu'est-ce que Hartmut Rosa entend exactement par "immobilisme frénétique" et en quoi ça décrit notre condition ?Comment le passage de la "société disciplinaire" de Foucault à la "société de la performance" a-t-il transformé la domination en auto-exploitation ?Pourquoi les médias et les algorithmes ont-ils intérêt à nous maintenir dans la peur plutôt que dans la réalité des chiffres ?Ce que nous avons sacrifié à vivre en grande ville mérite-t-il vraiment qu'on ne le questionne pas ?L'ennui est-il vraiment une ressource productive que l'on a collectivement décidé de détruire ?Comment Viktor Frankl trouvait-il du sens dans les camps de concentration, et qu'est-ce que ça nous dit sur notre propre rapport à l'adversité ?En quoi la "résonance" de Rosa est-elle incompatible avec le contrôle et la performance ?Qu'est-ce que vous faites parce que vous en avez envie, et qu'est-ce que vous faites parce que vous avez peur de ne pas le faire ?Références citéesPersonnesPablo Servigne (chercheur sur l'effondrement, invité de Vlan!) : "La vie danse toujours au bord du chaos. L'inverse du chaos, c'est la mort." [~05:00]Donna Brothers (psychanalyste américaine) : concept d'"anxiété cartésienne", l'idéal de certitude hérité de Descartes comme source de souffrance [~08:00]Hartmut Rosa (sociologue et philosophe allemand) : trois formes d'accélération, "immobilisme frénétique", concept de résonance [~11:00 / ~31:00]Byung Chul Han (philosophe coréen) : "société de la fatigue", dépression et burn-out comme symptômes civilisationnels [~15:00]Antoine Foucher (ancien directeur général adjoint du MEDEF, invité de Vlan!) : livre "Sortir du travail qui ne paye plus", distinction des trois périodes de progression salariale [~16:00]Michel Clouscard (sociologue français) : mutation du capitalisme de la répression vers le capitalisme de la jouissance [~19:00]Rousseau : "Malheur à celui qui n'a plus rien à désirer." [~20:00]René Girard (anthropologue français) : désir mimétique [~20:00]Jonathan Crary (chercheur américain) : Le capitalisme est à l'assaut du sommeil (2013) [~22:30]Reed Hastings (fondateur de Netflix) : "notre plus grand concurrent est le sommeil" [~22:30]Yohan Hari (auteur, invité de Vlan!) : marché de l'attention [~23:00]Kenneth Schlenger (fondateur de Opal, invité de Vlan!) : marché de l'attention [~23:00]Sherry Turkle (professeure au MIT) : Seuls ensemble, trente ans d'étude de notre relation à la technologie [~25:00]Bruno Marzloff (sociologue de la ville, invité de Vlan!) : plus une ville est grande, plus elle rend seul [~25:00]Tim Ferris : La semaine de 4 heures comme symbole du mensonge productiviste [~27:00]Olivier Hamant (biologiste, invité de Vlan!) : robustesse vs performance, l'arbre qui ne transforme que 1% de la lumière [~29:00]Marc de Smedt (invité de Vlan!) : épisode sur le silence intérieur [~32:00]Viktor Frankl (psychiatre autrichien, survivant des camps de concentration) : le sens comme condition de survie, déplacement du regard de soi vers l'autre [~34:00]Sénèque : "Ce n'est pas que nous ayons peu de temps, c'est que nous en perdons beaucoup." [~36:00]LivresLe capitalisme est à l'assaut du sommeil, Jonathan Crary (2013)Seuls ensemble, Sherry TurkleSortir du travail qui ne paye plus, Antoine Foucher"Sur la fonction de l'ennui", article de psychologie cité (deux auteurs non nommés)FilmsFight Club : "Nous achetons des choses dont nous n'avons pas besoin..." [~21:00]SourcesCentre d'observation de la société : données sur l'évolution de l'insécurité en France [~24:00]Timestamps clés (optimisés YouTube)00:00 - Le bracelet connecté et le piège de l'optimisation J'ai voulu mieux écouter mon corps. J'ai obtenu un tableau de bord qui me disait si je méritais d'être fatigué. La réponse à l'épuisement est presque toujours la même : trouver une méthode. Et c'est là que tout déraille.03:00 - L'épuisement n'est pas un problème personnel Ce n'est pas parce que vous êtes mal organisé ou pas assez zen. C'est un épuisement systémique, dont nous sommes tous victimes à des degrés divers. L'industrie du développement personnel, 1.500 milliards de dollars, s'est construite exactement sur ce mensonge.05:30 - Pablo Servigne et le chaos comme condition du vivant "L'opposé du chaos, c'est la mort." Si c'est vrai, alors nous ne nous épuisons pas du chaos lui-même, mais de l'énergie colossale que nous dépensons à tenter de le fuir.07:00 - L'amygdale et le lion derrière le rocher Notre cerveau ne distingue pas entre une menace physique et l'incertitude géopolitique, économique ou climatique. Les deux produisent la même mobilisation d'urgence. Répétée sur des années, cette mobilisation s'appelle de l'épuisement.09:00 - L'anxiété cartésienne de Donna Brothers La pensée occidentale a construit un idéal de certitude. Quand on ne le trouve pas, on ne souffre pas de l'incertitude elle-même, mais de la collision entre ce qui est et ce qu'on croit qui devrait être.11:30 - Hartmut Rosa et les trois accélérations Technique, sociale, rythme de vie. Elles se renforcent mutuellement et nous n'avons jamais le temps de nous adapter à l'une avant que la suivante arrive. "On court de plus en plus vite pour rester sur place."16:30 - Le contrat du travail est rompu Pendant les Trente Glorieuses, on doublait son niveau de vie en 15 ans. Aujourd'hui, il faut 84 ans. Deux vies de travail. Ce n'est pas une opinion. C'est la réalité documentée qu'Antoine Foucher résume dans son titre.18:30 - De Foucault à Byung Chul Han : l'auto-exploitation Le passage de "tu dois" à "tu peux" est la mutation la plus insidieuse du système. Nous ne sommes plus soumis à une contrainte externe, mais à une injonction permanente à nous dépasser, au nom de notre liberté.20:00 - Le désir mimétique et Instagram Rousseau l'avait vu avant tout le monde : "on est heureux qu'avant d'être heureux." René Girard a théorisé le reste. Et Instagram est la machine à désir mimétique la plus efficace jamais construite.22:30 - Reed Hastings et le marché de l'attention "Notre plus grand concurrent est le sommeil." Ce marché n'est pas construit sur votre plaisir, mais sur votre peur. Peur de rater, d'être déclassé, d'être moins compétent. Et les médias ont appris à amplifier cette peur parce que ça marche.25:00 - Seuls dans la ville Sherry Turkle, trente ans au MIT : on peut être hyperconnecté et ne jamais vraiment rencontrer personne. Plus une ville est grande, plus elle rend seul. Et chaque interaction avec un inconnu est une donnée qui échappe aux plateformes.27:00 - Le grand mensonge de la productivité L'ennui est biologiquement plus proche de l'énergie que de la léthargie. C'est une émotion fonctionnelle qui prépare le corps à l'action. Remplir chaque vide par une stimulation, c'est se priver de la condition nécessaire à la pensée profonde.29:30 - Olivier Hamant et la robustesse Un arbre ne transforme que 1% de la lumière qu'il capte. Il est en sous-optimal quasi permanent pour pouvoir survivre les jours sans soleil. La nature entière sacrifie la performance pour la robustesse. Notre cerveau aussi.32:00 - Nager en perpendiculaire Résister frontalement épuise. Comme dans une baïne, nager vers la plage est la mauvaise réponse. Nager à la perpendiculaire, c'est aller ni contre ni avec, mais à côté. C'est là que commence la sortie.33:00 - Silence, soutien, sens : trois mouvements latéraux Pas des solutions miracles. Trois directions concrètes pour ne pas se laisser paralyser. Viktor Frankl dans les camps de concentration. Hartmut Rosa et la résonance. Et cette question finale à garder dans un coin de la tête.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vincent Message est un écrivain bien connu mais j’étais passé totalement à coté. Son dernier roman, La folie océan, plonge dans les entrailles d'une mer qu'on croit connaître et qu'on ignore presque totalement.Mais je me suis surtout intéressé à Vincent pour son roman Défaite des maîtres et possesseurs, dont le pitch m’a vraiment intéressé. imaginez un monde où une espèce supérieure traite les humains exactement comme nous traitons les animaux d'élevage c’est à dire des humains en ferme et domestiqués mais qui vont également à l'abattoir. C'est un miroir tendu vers nos propres comportements et ce qui m'a frappé chez Vincent, c'est sa capacité à porter des convictions profondes sur l'écologie et la cause animale tout en refusant absolument la caricature. Ses romans sont des espaces où la complexité du monde trouve une forme littéraire.Dans cet épisode, nous parlons de la mécanique des bonnes histoires, de ce que ça fait à un auteur de se décentrer radicalement, de la dystopie devenue un genre mainstream parce que notre réalité l'est devenue, de la violence ordinaire au travail, de l'IA comme outil et comme menace silencieuse, et de cette question qui m'obsède : qu'est-ce qui nous donne encore envie du futur ?J'ai questionné Vincent sur son rapport à la joie, sur les limites planétaires, sur le biocentrisme comme seule réponse rationnelle à la crise, et sur ce que la fiction peut faire que l'essai ne fera jamais.Citations marquantes"C'est de notre vivant qu'on a franchi sept des neuf limites planétaires. C'est de notre vivant que la croissance de la population humaine se met à accentuer de façon dramatique la finitude des ressources.""On a fait de cette Terre, pour les animaux, un enfer permanent, quotidien, de leur naissance à leur mort.""La dystopie est devenue mainstream. Et ça en dit long sur la manière dont notre réalité elle-même est devenue dystopique dans ce laps de temps.""Chaque fois que tu demandes à une IA au lieu d'un ami, tu rates une occasion de renforcer ton bien-être émotionnel.""Ce à quoi il faut claquer la porte, c'est l'anthropocentrisme. Si nous n'agissons que dans les intérêts humains de court terme, des fractions les plus aisées de la population mondiale, on va vraiment droit dans le mur."Idées centrales discutées 1. Le décentrage comme outil éthique fondamental ~0:11:35 – 0:17:26 Dans Défaite des maîtres et possesseurs, Vincent inverse les rôles : une espèce supérieure domine les humains exactement comme nous dominons les animaux. Ce n'est pas un gimmick de SF. C'est une expérience de pensée héritée du XVIIIe siècle — le Huron chez Voltaire, Gulliver chez Swift — qui force le lecteur à voir ses propres comportements depuis l'extérieur. Se décentrer, c'est la condition pour remettre en questio
Priscille Béguin, experte en risques climatiques et ceci est un moment, c'est à dire un extrait d'un épisode plus long dont je vous mets le lien un peu plus bas.Dans ce "moment", je parle avec Priscille de quelque chose qui me préoccupe vraiment depuis que j'ai choisi de m'installer au Portugal : est-ce qu'on prend encore les bonnes décisions quand on choisit où vivre? Parce qu'on raisonne encore avec les données météo d'aujourd'hui, voire d'hier, alors que le sol se dérobe sous nos pieds. Nice à 40 degrés vingt jours par an dans dix ans. Paris avec les températures de Montréal si le Gulf Stream s'arrête. Ce ne sont pas des scénarios de science-fiction, ce sont des modèles sérieux. Et pourtant, les gens continuent d'acheter en bord de Méditerranée comme si rien n'allait changer.J'ai questionné Priscille sur les mécanismes concrets qui expliquent ces bouleversements, sur ce qu'on sait vraiment du Gulf Stream et ce qu'on ne sait pas encore, et sur les outils pratiques pour prendre des décisions immobilières un peu moins aveugles. Elle m'a parlé du portail GeoRisques, un site gouvernemental que presque personne ne consulte avant d'acheter, et de ce que la température extérieure fait concrètement à la qualité de vie et de sommeil.C'est un moment qui donne envie de relire le contrat d'achat de sa maison.Citations marquantes"Dans 10 ans, à Nice, il fera 40 degrés 20 jours par an. Donc on va vivre enfermé deux, trois mois dans l'année.""Paris est à la même latitude que Montréal. Donc s'il n'y a pas cet effet de tirage de l'eau chaude des Caraïbes, on se retrouve avec exactement la même température qu'à Montréal.""On sait pas déterminer réellement la limite qui fait que ça bascule et que ça s'arrête.""C'est pas juste dans 25 ans. Même ne serait-ce que demain, dans 5 ans, dans 10 ans, ce sera déjà pas comme aujourd'hui.""S'il fait 42 degrés 10 jours par an, ces 10 jours par an seront extrêmement pénibles, surtout si la nuit il fait 35."Idées principales1. Le choix de vie est un choix climatique (00:20 à 01:47) On choisit où l'on vit pour le travail, la famille, les amis, la météo. Mais ces critères sont désormais instables : ce qui rendait Nice agréable en 2024 peut en faire un endroit difficile à vivre en 2035. L'idée que le cadre de vie est fixe est une illusion. Anticiper, même à 5 ou 10 ans, devient une nécessité.2. Le Gulf Stream : une bascule possible, pas encore datée (02:24 à 06:46) Le Gulf Stream, ce courant qui pompe l'eau chaude des Caraïbes vers l'Europe de l'Ouest, ralentit sous l'effet de la fonte des glaces. Une interruption brutale est possible, car ça s'est déjà produit dans l'histoire de la Terre. Résultat potentiel pour la France : les températures de Montréal. On ne sait ni si ça ar
Frédéric Samama est auteur de L'énigme de l'inaction climatique et pionnier de la finance verte et alors que nous vivons un de ces épisodes de canicule aujourd'hui, il m'a semblé essentiel d'essayer de comprendre pourquoi nous savons depuis 70 ans et nous ne faisons rien. En 2009, il a monté le premier centre de recherche mondial sur la finance et le climat, lancé les premiers indices low carbone et créé la première coalition d'investisseurs à la COP21. Et pourtant, son livre ne parle pas de finance. Il parle de cerveau, d'histoire, de philosophie et d'une question qui l'obsède depuis cinq ans : pourquoi, sur un problème que tout le monde connaît, que l'on a créé, et qui nous menace en tant qu'espèce, on n'arrive pas à bouger ?Dans cet épisode, nous parlons de neurosciences cognitives, d'inférence bayésienne, de moments fromages dans l'histoire de l'humanité, et du lien entre capitalisme, néolibéralisme et perte de nos réflexes moraux. J'ai questionné Frédéric sur l'overview effect des astronautes, sur Lévinas et la philosophie du visage, sur Jean Cavaillès et la résistance, et sur ce que tout ça dit de notre capacité à réinventer nos représentations du monde face à l'urgence climatique.Citations marquantes"Sur un problème où tout le monde est au courant, qu'on a créé, et qui nous menace en tant qu'espèce — pourquoi diable, on n'arrive pas à se mettre en mouvement ?" (0:29:00)"Le capitalisme, c'est comment tu fais vivre des gens ensemble en dehors de règles morales et religieuses. Et maintenant qu'on fait face à un défi moral, qui est le défi du climat, on ne sait plus faire." (0:19:30)"Face à l'enjeu moral, c'est l'action qui doit prévaloir — et pas la réflexion de est-ce qu'on est optimiste, négatif, et ainsi de suite." (1:06:44)"On a voulu détendre le lien social. En cas de problème, il n'y a plus personne, et donc il n'y a plus de devoir — on ne demande que des droits." (0:26:30)"Le climat, ce n'est plus seulement la plus grosse menace. C'est aussi la plus belle opportunité de réapprendre à vivre ensemble, nous, les 8 milliards de personnes sur Terre." (1:12:00)Big Ideas1. Notre cerveau construit des modèles à partir de signaux — et s'y enferme L'inférence bayésienne selon Stanislas Dehaene : le cerveau observe des signaux et fabrique des lois du monde. Agassi qui lit le service de Becker, le bébé qui comprend la gravité, le rat dans le labyrinthe — tous fonctionnent pareil. Le problème : une fois le modèle établi, on arrête de le mettre à jour. On entre en surconfiance. C'est exactement ce qui se passe avec le climat : on sait, mais on ne change pas de modèle. (0:02:37)2. L'histoire humaine s'est organisée autour de "moments fromages" — et le climat en exige un nouveau Deux grandes ruptures : l'agriculture et la science moderne (accès aux ress
Gregory Pouy, consultant, conférencier et fondateur du podcast Vlan!Dans ce solo, je lis ma newsletter sur un sujet qui m'obsède depuis un printemps passé à me traîner avec les yeux qui coulent et le nez bouché. Une allergie au pollen. Ça m'a paru absurde à un moment : comment mon corps peut-il traiter la nature comme une menace ? Et de là, j'ai tiré un fil. Un fil qui m'a mené à Paracelse, à l'hormèse, à David Strachan, à Anique de Bruin et finalement à une question beaucoup plus large : et si nos sociétés avaient systématiquement éliminé des résistances qui nous étaient nécessaires ?Ce solo est dans la continuité de mon épisode sur les frictions mais cette fois, je me concentre sur le corps. Sur le système immunitaire. Sur le cerveau. Sur ce que la biologie nous apprend du fonctionnement du vivant depuis 2,4 milliards d'années et que l'idéologie du confort a balayé en deux générations.Dans cet épisode, je parle de l'hormèse et de ses 9 000 modèles doses-réponses documentés, de l'explosion des allergies depuis les années 1960 dans les pays industrialisés, de ce que perdent les enfants nés par césarienne ou élevés loin de la nature et des microbes, de la réserve cognitive et de pourquoi les mots croisés que votre mère fait depuis trente ans ne lui servent à rien neurologiquement, des nudges et des sludges selon la Royal Society Open Science et finalement de ce que ça dit sur notre rapport à l'effort, à la Silicon Valley et à l'intelligence artificielle.Je ne prêche ni pour la souffrance, ni pour le retour en arrière. Je tente juste de poser la question honnêtement : lesquelles des frictions qu'on a supprimées méritaient de rester ?3. Citations marquantes"Comment puis-je être allergique à la nature ? Comment mon corps peut-il traiter le pollen comme une menace ? Ça n'a aucun sens évolutif.""Supprimer l'effort, c'est supprimer le signal. Et sans signal, pas de réponse adaptative.""Le microbiome infantile n'est pas un risque à gérer mais un entraîneur. Il éduque le système immunitaire en lui présentant une diversité de micro-organismes à dose adaptée, exactement comme un entraîneur qui fait travailler un athlète sur des exercices progressivement plus difficiles.""Ce n'est pas la présence de microbes qui est problématique, c'est leur absence.""Ce qui ne vous tue pas ne vous rend pas automatiquement plus fort. Mais ce qui vous préserve de tout ce qui pourrait vous blesser vous rend certainement plus fragile."4. Idées centrales (Big Ideas)1. La courbe en J de l'hormèse : le stress optimal n'est pas zéroExplication : L'hormèse désigne une réponse biphasique au stress : une faible dose stimule tandis qu'une forte dose inhibe. Le point optimal se situe juste au-dessus du seuil d'inconfort, pas dans le confort
Albina du Boisrouvray est philanthrope, productrice de cinéma et autrice de Naviguer l'existence. Venue d'une bonne famille, elle a donné la quasi-totalité de sa fortune à sa fondation FXB pour sortir 100 000 personnes de l'extrême pauvreté.Je connais peu de trajectoires aussi denses que celle d'Albina. Militante écologiste dans les années 70 quand personne n'écoutait, productrice de cinéma dans un milieu misogyne, candidate aux législatives en 78, et puis surtout : mère d'un fils de 24 ans mort dans un accident d'hélicoptère, celui dans lequel se trouvait aussi Daniel Balavoine. Ce que j'aime chez Albina, c'est qu'elle n'est pas dans la posture. Elle dit qu'elle ne sait pas toujours comment elle a tenu. Elle dit qu'elle a parfois tort. Elle dit que son manque d'études l'a probablement rendue plus libre que si elle avait fait l'ENA.Dans cet épisode, nous parlons de deuil, de sens, de résilience et de cette méthode qu'elle a inventée contre l'avis de tout le monde, "la graduation approach", qui transgresse la doxa du micro-crédit. J'ai questionné Albina sur les bouées qu'elles considèrent comme la colonne vertébrale de toute son existence : ne jamais se pourrir le présent pour un futur qu'on ne peut pas imaginer.Citations marquantes"La mort aura toujours le dernier mot. Mais qu'elle n'ait pas le dernier mot plus vite qu'elle devrait l'avoir.""La résilience, c'est apprendre à vivre avec. Pas s'en débarrasser. Vivre avec.""Quand j'ai vu que les gens à qui on apportait tout ça, leurs yeux s'illuminaient — ça réallumait ma propre capacité à ressentir du bonheur.""Quand on est convaincu d'avoir raison, il faut aussi questionner ça. Il faut tout questionner.""Ne jamais se pourrir le présent pour un avenir qu'on ne peut absolument pas imaginer, parce qu'il ne se passe jamais comme on l'a imaginé."Idées centrales 1. La résilience n'efface pas la douleur — elle l'intègre Titre : "Apprendre à vivre avec, pas à guérir" Albina ne dit pas qu'elle a "surmonté" la mort de son fils. Elle dit qu'elle a appris à vivre avec l'amputation. Ce décalage — entre guérir et intégrer — change tout dans la manière dont on traverse les épreuves. Cyrulnik lui a donné les mots. La vie lui a donné la méthode. Pourquoi c'est important : On vend trop souvent la résilience comme une victoire sur la douleur. Albina dit l'inverse : c'est une coexistence. Timestamp : ~07:00–10:052. Donner aux autres peut rallumer ce qu'on croyait éteint en soi Titre : "Le bonheur des autres comme carburant personnel" Ce n'est pas de la générosité romantique. C'est une mécanique très précise : quand tu vois les yeux de quelqu'un s'illuminer parce que tu lui as apporté quelque chose, ça rouvre ta propre capacité à ressentir. Albina l'a découvert au Liban en 1987, un an
Jean David Zeitoun, gastro-entérologue et auteur, est un des rares médecins à dire ce que les responsables politiques ne veulent pas entendre. Ceci est un passage très très écouté du podcast, c'est la raison pour laquelle nous l'avons sélectionné comme un moment.Dans ce moment, je parle avec Jean David Zeitoun d'un paradoxe qui me frappe depuis longtemps : comment peut-on se féliciter des progrès de la médecine pendant que l'obésité explose, que des cancers touchent des gens de 35 ans, et que la mortalité infantile repart à la hausse en France ? J'ai questionné Zeitoun sur les vrais ennemis de notre santé au XXIe siècle, ces "méchants" que nos dirigeants ne regardent pas encore en face : l'alimentation ultra-transformée et la pollution. On parle aussi de la réaction de Maillard, de NASH, de maladie de Crohn, et de ce qui se passe réellement dans notre corps quand on mange des produits qu'on ne reconnaîtrait pas dans la nature. Citations marquantes"L'espérance de vie, c'est l'indicateur qui se modifie trop tardivement. Quand elle commence à baisser, vous êtes déjà en état de dégradation avancée.""Les méchants typiques du XXIe siècle, c'est l'alimentation et l'environnement. Les leaders politiques résonnent encore avec la mentalité du XXe siècle.""Il y a une quinzaine de cancers en Europe pour lesquels la fréquence augmente plus vite que la démographie, chez des gens entre 35 et 50 ans. On n'en parle jamais.""Les calories ne font pas tout. Vous pouvez avoir à calories égales des aliments beaucoup plus mauvais pour la santé juste parce qu'ils ont été ultra-transformés.""Pour naviguer entre les risques alimentaires, il faut beaucoup de connaissances, beaucoup de moyens et pas mal de temps. Ça veut dire qu'il faut une intervention, sinon ça ne se résoudra pas tout seul."Big Ideas1. L'espérance de vie est un mauvais indicateur de santé publique (~00:45) On se rassure avec l'espérance de vie, mais c'est un indicateur qui réagit trop tard. Quand elle commence à baisser, comme aux États-Unis depuis 10 ans, c'est qu'on est déjà dans une crise profonde. Il faut regarder d'autres signaux, plus précoces et plus révélateurs.2. Les cancers précoces, un angle mort politique et médiatique (~01:21) Une quinzaine de cancers progressent en Europe plus vite que la démographie chez les 35-50 ans. Personne n'en parle. Ce silence dit beaucoup sur notre incapacité collective à regarder les vrais problèmes en face quand ils n'entrent pas dans les narratifs dominants.3. L'alimentation est le nouveau tabac, sans la taxe (~02:30) Le XXe siècle a su identifier le tabac et l'alcool comme ennemis de santé publique et agir dessus (lentement, mais quand même). Le XXIe a deux nouveaux enn
Julien Villeret dirige l'innovation du groupe EDF, on s'est retrouvés un jour de pluie, ce qui tombait plutôt bien pour parler d'énergie. Julien est l'un de ces rares interlocuteurs capables de parler du mix énergétique français sans perdre la nuance ni tomber dans le discours institutionnel. Il connaît le sujet de l'intérieur, et il n'a pas peur d'aller là où ça grince.Dans cet épisode, nous parlons de nucléaire, bien sûr, mais aussi de ce qu'on ne comprend pas sur l'électricité en général. J'ai questionné Julien sur les déchets nucléaires (leur volume réel vous va surprendre), sur les compétences qu'on a perdues en arrêtant de construire des centrales, sur pourquoi une voiture électrique en Allemagne, c'est techniquement une voiture au charbon, et sur l'hydrogène, qu'on nous vend comme la grande révolution alors que la réalité est beaucoup plus complexe.On parle aussi de fusion nucléaire, de SMR, de la panne en Espagne, du compteur Linky, de l'IA et de sa consommation d'énergie, et des SAF, ces carburants d'aviation qui permettent de voler à neutralité carbone dès aujourd'hui.Ce qui m'a frappé dans cet échange, c'est la posture. Julien ne survend pas, il ne minimise pas. Il essaie juste de remettre des faits là où il y a trop souvent des fantasmes.CITATIONS MARQUANTES1. "Si on n'a plus d'énergie, on n'a plus de plastique. Et si on n'a plus de plastique, on n'a plus d'hôpitaux." (Julien Villeret, ~0:03:44)2. "Tous les déchets nucléaires produits par le parc français depuis les années 60, c'est en gros deux piscines olympiques en volume." (Julien Villeret, ~0:17:25)3. "Une centrale nucléaire, ça ne peut pas exploser. C'est un fantasme." (Julien Villeret, ~0:36:26)4. "Les plus grandes batteries du monde aujourd'hui, ce sont des barrages." (Julien Villeret, ~0:11:15)5. "On a arrêté de construire des centrales pour des raisons idéologiques. Les gens qui savaient faire sont partis à la retraite." (Julien Villeret, ~0:26:25)IDÉES MARQUANTES1. L'énergie est consubstantielle à la civilisation, pas optionnelle Timestamp : ~0:02:51 L'énergie n'est pas un confort ou un luxe, c'est le socle de tout : la santé, la nourriture, la fabrication industrielle, la vie moderne dans son entier. Le rejet d'une écologie radicale par les populations vient en partie de là : on leur demande de renoncer à quelque chose qui est aussi fondamental que l'air qu'ils respirent. Pourquoi c'est important : tant qu'on ne pose pas ce cadre, on ne peut pas avoir un débat énergétique honnête.2. L'électricité propre ou sale dépend de comment elle est produite, pas de comment elle est consommée Timestamp : ~0:07:00 Une voiture électrique en France est l'une des plus propres au monde. La même voiture en Allemagne fonctionne au charbon. Ce n'est pas l'usage qui définit l'emp
Julien Villeret dirige l'innovation du groupe EDF, on s'est retrouvés un jour de pluie, ce qui tombait plutôt bien pour parler d'énergie. Julien est l'un de ces rares interlocuteurs capables de parler du mix énergétique français sans perdre la nuance ni tomber dans le discours institutionnel. Il connaît le sujet de l'intérieur, et il n'a pas peur d'aller là où ça grince.Dans cet épisode, nous parlons de nucléaire, bien sûr, mais aussi de ce qu'on ne comprend pas sur l'électricité en général. J'ai questionné Julien sur les déchets nucléaires (leur volume réel vous va surprendre), sur les compétences qu'on a perdues en arrêtant de construire des centrales, sur pourquoi une voiture électrique en Allemagne, c'est techniquement une voiture au charbon, et sur l'hydrogène, qu'on nous vend comme la grande révolution alors que la réalité est beaucoup plus complexe.On parle aussi de fusion nucléaire, de SMR, de la panne en Espagne, du compteur Linky, de l'IA et de sa consommation d'énergie, et des SAF, ces carburants d'aviation qui permettent de voler à neutralité carbone dès aujourd'hui.Ce qui m'a frappé dans cet échange, c'est la posture. Julien ne survend pas, il ne minimise pas. Il essaie juste de remettre des faits là où il y a trop souvent des fantasmes.CITATIONS MARQUANTES1. "Si on n'a plus d'énergie, on n'a plus de plastique. Et si on n'a plus de plastique, on n'a plus d'hôpitaux." (Julien Villeret, ~0:03:44)2. "Tous les déchets nucléaires produits par le parc français depuis les années 60, c'est en gros deux piscines olympiques en volume." (Julien Villeret, ~0:17:25)3. "Une centrale nucléaire, ça ne peut pas exploser. C'est un fantasme." (Julien Villeret, ~0:36:26)4. "Les plus grandes batteries du monde aujourd'hui, ce sont des barrages." (Julien Villeret, ~0:11:15)5. "On a arrêté de construire des centrales pour des raisons idéologiques. Les gens qui savaient faire sont partis à la retraite." (Julien Villeret, ~0:26:25)IDÉES MARQUANTES1. L'énergie est consubstantielle à la civilisation, pas optionnelle Timestamp : ~0:02:51 L'énergie n'est pas un confort ou un luxe, c'est le socle de tout : la santé, la nourriture, la fabrication industrielle, la vie moderne dans son entier. Le rejet d'une écologie radicale par les populations vient en partie de là : on leur demande de renoncer à quelque chose qui est aussi fondamental que l'air qu'ils respirent. Pourquoi c'est important : tant qu'on ne pose pas ce cadre, on ne peut pas avoir un débat énergétique honnête.2. L'électricité propre ou sale dépend de comment elle est produite, pas de comment elle est consommée Timestamp : ~0:07:00 Une voiture électrique en France est l'une des plus propres au monde. La même voiture en Allemagne fonctionne au charbon. Ce n'est pas l'usage qui définit l'emp
C'est un épisode tiré de ma newsletter (abonnez-vous) que je n'avais pas prévu de faire. J'ai vu passer une info entre la story d'un anniversaire et une recette de cuisine : 62 millions de visites en un mois pour un site qui enseigne à droguer et violer des femmes. J'ai été choqué, j'ai partagé, et j'ai continué ma journée mais c'était impossible.En qualité d'homme, me taire sur ce sujet ferait de moi un complice. Alors j'ai passé plusieurs semaines à lire des études, écouter des podcasts, regarder des documentaires. Plus d'une vingtaine de sources académiques publiées entre 2021 et 2025, bell hooks, Scott Galloway, Niobe Way, Olivia Gazalé, le rapport 2025 du Haut Conseil à l'Égalité, le podcast "Des mecs solides" d'Arte Radio.Dans cet épisode, je parle du chemin, plus court qu'on ne le croit, entre un garçon de 18 ans seul et sans boussole, et une communauté qui lui enseigne la haine. J'ai questionné ce que ça dit du monde qu'on a construit : on a transformé la condition féminine en quelques décennies sans jamais proposer aux hommes une nouvelle façon d'être des hommes. J'y parle aussi des algorithmes qui exposent un ado à du contenu masculiniste en 9 minutes. De l'amitié masculine qu'on n'a jamais appris à construire. De Marvin, 18 ans, qui s'en est sorti. Et de ce qu'on pourrait faire autrement.Ce n'est pas un épisode pour justifier quoi que ce soit. C'est un épisode pour comprendre, parce que sans comprendre, on ne changera rien.Citations marquantes« La personne la plus dangereuse du monde, c'est un jeune homme seul et sans le sou. Or la société n'en a jamais autant produit. » — Scott Galloway« Les hommes ne sont pas en crise, mais ils font des crises, jusqu'au point de tuer des femmes. » — Francis Dupuis-Déry« On ne peut pas guérir dans l'isolement. Une culture de la guérison qui donne aux hommes les moyens de changer est en train de naître. » — bell hooks« C'est pas de ta faute, c'est la faute des femmes, des féministes, des woke. Une simplification pour répondre à une souffrance qui est, elle, réelle. » — Pauline Ferrari« En réalité, les hommes souffrent et toute la culture leur dit : s'il vous plaît, ne nous confiez pas ce que vous ressentez. » — bell hooksBig Ideas1. On a changé le monde sans changer les représentations masculines La condition féminine a évolué en quelques décennies, une révolution sans précédent historique. Mais les imaginaires masculins, eux, n'ont pas bougé. Des millions d'hommes se retrouvent sans carte pour naviguer cette réalité. Olivia Gazalé le met en perspective : toutes les crises de la virilité se ressemblent, sauf celle-ci — parce que cette fois, les règles du jeu ont vraiment changé. Timestamp es
Camille Peugny est sociologue et auteur du livre Le triomphe des égoïsmes. Il y a des chercheurs qui vous donnent des concepts nouveaux pour regarder ce que vous voyez déjà tous les jours, et Camille est clairement de ceux-là.Dans cet épisode, nous parlons de la différence entre individualisme et égoïsme, et pourquoi cette distinction change tout. L'individualisme, ça fait un siècle que les sciences sociales le documentent. L'égoïsme, c'est autre chose : c'est la croyance que les individus sont seuls responsables de leur parcours, de leur succès comme de leur échec. Et quand cette croyance se diffuse à grande échelle parmi les classes moyennes supérieures, elle devient une contrainte sociale qui nuit à la cohésion de tout le pays.J'ai questionné Camille sur comment on en est arrivé là, sur le rôle du capitalisme de plateforme dans la marchandisation du lien social, sur la conscience sociale triangulaire qui pousse les classes populaires à voter contre leurs propres intérêts, sur les femmes de ménage contraintes de devenir les auto-entrepreneuses de leur propre précarité, et sur la bombe à retardement des héritages qui va creuser un fossé béant entre ceux qui maîtrisent l'avenir et les autres.Ce qui m'a frappé dans cet épisode, c'est que Camille ne fait pas de la sociologie pour accabler les gens. Il fait de la sociologie pour rappeler une évidence qu'on a collectivement perdu de vue : on est membre d'un tout, et nos actes ont des conséquences sur les autres.Citations marquantes"Quand l'État social se retire, ce qui reste des relations sociales, c'est l'égoïsme comme contrainte sociale généralisée.""Ces classes populaires sont contraintes de devenir les auto-entrepreneuses de leur propre précarité.""Je suis égoïste lorsque j'agis en pensant uniquement à mon intérêt, en sachant pertinemment que cela détériore la situation d'autres personnes, et je l'assume au nom d'une croyance en mon mérite individuel.""On veut tous un village autour de soi, mais pas grand monde veut être un villageois.""Il manque un discours politique crédible qui parvient à articuler les différentes demandes qui s'expriment dans la société française vers un autre horizon que celui de cette compétition acharnée, permanente."Idées centrales discutées L'égoïsme n'est pas moral, il est sociologique L'égoïsme n'est pas une question de mauvaises personnes. C'est une contrainte que la société fabrique à travers la concurrence généralisée. On est tous tour à tour altruistes et égoïstes selon les circonstances. Ce qui a changé, c'est le système qui pousse structurellement vers l'un des deux. Pourquoi ça compte : ça déplace la responsabilité de l'individu vers le système, ce qui change radicalement la façon dont on peut agir. Timestamp ap
Marc de Smedt, éditeur, auteur et figure de la transmission des sagesses orientales en France. Son livre L'Âge du silence, en est à sa 17ème réédition, et ce chiffre dit tout.J'ai rencontré Marc à une période où le bruit extérieur, les réseaux, l'info en continu, rend la moindre pause suspecte. Ce qui m'a frappé chez lui, c'est qu'il ne survend rien. Pas de méthode en 7 étapes, pas de promesse de transformation. Juste une façon de poser les choses avec une évidence déconcertante, celle de quelqu'un qui a passé des décennies à explorer ce que le silence a réellement à nous offrir.Dans cet épisode, nous parlons de la respiration comme premier ancrage, du silence comme espace de communication à part entière, et de ce que les cultures orientales ont compris que nous, en Occident, résistons encore à accepter. J'ai aussi questionné Marc de Smedt sur notre rapport aux réseaux sociaux, sur le regard comme langage silencieux, et sur pourquoi le silence nous fait si souvent peur.Citations marquantes"Il ne faut pas du tout croire qu'en méditation on va atteindre quelque chose. Ce n'est pas du tout un but, le fait de ne pas penser." (03:37)"On entre dans une pièce, on met tout de suite de la musique, au lieu de se poser, profiter du silence de la pièce." (05:24)"Dans une conversation, un ange passe. Et qu'est-ce qu'on fait ? On sort la mitraillette à parole et on tue l'ange." (06:28)"Le silence, c'est une sorte de concept qui recouvre un arrière-fond permanent avec lequel nous ne nous connectons pas et nous ne savons pas nous connecter." (11:17)"Ce qui est important, c'est de savoir débrancher. C'est ça aussi le silence : ne plus être connecté tout le temps." (09:12)Big Ideas1. La technique des voyelles comme porte d'entrée vers la conscience du souffle Timestamp : 00:52 à 03:35 Émettre chaque voyelle jusqu'au bout du souffle, trois fois de suite. Marc de Smedt décrit cette méthode comme sa première expérience de méditation, trouvée par hasard dans un opuscule d'un professeur de yoga belge à Ibiza. Ce qui la rend forte : elle est accessible à tout le monde, des enfants aux personnes âgées grabataires, et elle produit ce qu'il appelle "une douche psychique" immédiate.2. Le silence n'est pas l'absence de bruit, c'est une forme de présence Timestamp : 04:36 à 07:39 Le silence comme espace entre deux bruits, comme le montage audio qui cherche le vide pour que quelque chose prenne forme. Marc de Smedt élargit cette idée à la communication humaine : dans les cultures orientales, le silence dans une assemblée n'est pas un vide à combler, c'est un moment de présence partagée. L'expression japonaise Ichin Denshin, de mon âme à ton âme, résume cette idée : on peut communiquer sans parler.3. Débrancher est une forme de
Yasmina Asrarguis est une ancienne diplomate et doctorante spécialiste du Moyen-Orient, autrice de "Le mirage de la paix". C'est également une personne que je connais depuis un moment et je suis son travail de près.Son livre est construit sur des archives diplomatiques inédites, des conversations téléphoniques entre présidents, et des années d'enquête sur les coulisses de ce conflit que tout le monde commente et que presque personne ne comprend vraiment.Il est rare que je reçoive quelqu'un qui cumule à la fois l'expérience du terrain diplomatique, la rigueur académique et la capacité à tout remettre dans un récit qui tient. Avec Yasmina, on s'est connus avant qu'elle sorte ce bouquin, et je savais que cette conversation allait être différente. Elle est jeune, femme, maghrébine, et elle parle d'un sujet que la diplomatie a toujours réservé aux hommes d'un certain âge. C'est déjà en soi quelque chose.Dans cet épisode, nous parlons des deux grandes forces qui rendent la paix impossible aujourd'hui : les idéologues messianiques (des deux côtés) et les acteurs opportunistes qui font de la géopolitique comme on fait des affaires. J'ai questionné Yasmina sur pourquoi le 7 octobre était en réalité une réponse à un accord de paix qui était sur le point d'être signé, sur ce que Kissinger avait vraiment compris que personne n'a retenu, sur l'enrichissement personnel de Trump comme boussole de sa politique étrangère, et sur ce qui, malgré tout, lui donne envie du futur dans cette région.Citations marquantes"Tant qu'on aura des idéologues d'une part, et des acteurs fortement opportunistes qui ont le pouvoir dans certaines capitales, il sera extrêmement compliqué de voir advenir une paix civilisationnelle.""Le 7 octobre, c'est véritablement le conseil du Hamas qui se réunit pour une réunion d'urgence et qui dit : il nous faut agir extrêmement vite pour empêcher la reconnaissance.""Le business peut générer de la dépendance. Mais pas de la confiance. Ce ne sont pas les mêmes acteurs.""On est passé d'une Amérique où il y avait cette idée de rêve américain. Aujourd'hui, c'est juste le rêve de Trump.""Ce que l'on voit à savoir la guerre, le sang, la revanche — ce n'est pas le lot commun du Moyen-Orient. C'est aussi une région de beauté infinie, d'une jeunesse pleine de rêves."Grandes idées discutées1. Idéologues vs opportunistes : le cocktail qui rend la paix impossible (~0:05:35 – 0:09:44) D'un côté les messianismes (évangélique américain, religieux israélien, islamiste arabe). De l'autre, une "business diplomacy" trumpiste qui traite la région comme un marché. Ces deux logiques s'excluent mutuellement — et aucune ne pense aux populations. Tant que ce duo est aux commandes, la paix n'est pas un horizon réel.2. La paix par la prospérité, puis la paix par la forc
Yasmina Asrarguis est une ancienne diplomate et doctorante spécialiste du Moyen-Orient, autrice de "Le mirage de la paix". C'est également une personne que je connais depuis un moment et je suis son travail de près.Son livre est construit sur des archives diplomatiques inédites, des conversations téléphoniques entre présidents, et des années d'enquête sur les coulisses de ce conflit que tout le monde commente et que presque personne ne comprend vraiment.Il est rare que je reçoive quelqu'un qui cumule à la fois l'expérience du terrain diplomatique, la rigueur académique et la capacité à tout remettre dans un récit qui tient. Avec Yasmina, on s'est connus avant qu'elle sorte ce bouquin, et je savais que cette conversation allait être différente. Elle est jeune, femme, maghrébine, et elle parle d'un sujet que la diplomatie a toujours réservé aux hommes d'un certain âge. C'est déjà en soi quelque chose.Dans cet épisode, nous parlons des deux grandes forces qui rendent la paix impossible aujourd'hui : les idéologues messianiques (des deux côtés) et les acteurs opportunistes qui font de la géopolitique comme on fait des affaires. J'ai questionné Yasmina sur pourquoi le 7 octobre était en réalité une réponse à un accord de paix qui était sur le point d'être signé, sur ce que Kissinger avait vraiment compris que personne n'a retenu, sur l'enrichissement personnel de Trump comme boussole de sa politique étrangère, et sur ce qui, malgré tout, lui donne envie du futur dans cette région.Citations marquantes"Tant qu'on aura des idéologues d'une part, et des acteurs fortement opportunistes qui ont le pouvoir dans certaines capitales, il sera extrêmement compliqué de voir advenir une paix civilisationnelle.""Le 7 octobre, c'est véritablement le conseil du Hamas qui se réunit pour une réunion d'urgence et qui dit : il nous faut agir extrêmement vite pour empêcher la reconnaissance.""Le business peut générer de la dépendance. Mais pas de la confiance. Ce ne sont pas les mêmes acteurs.""On est passé d'une Amérique où il y avait cette idée de rêve américain. Aujourd'hui, c'est juste le rêve de Trump.""Ce que l'on voit à savoir la guerre, le sang, la revanche — ce n'est pas le lot commun du Moyen-Orient. C'est aussi une région de beauté infinie, d'une jeunesse pleine de rêves."Grandes idées discutées1. Idéologues vs opportunistes : le cocktail qui rend la paix impossible (~0:05:35 – 0:09:44) D'un côté les messianismes (évangélique américain, religieux israélien, islamiste arabe). De l'autre, une "business diplomacy" trumpiste qui traite la région comme un marché. Ces deux logiques s'excluent mutuellement — et aucune ne pense aux populations. Tant que ce duo est aux commandes, la paix n'est pas un horizon réel.2. La paix par la prospérité, puis la paix par la
Cet épisode solo est un développément de ma newsletter à laquelle vous pouvez vous abonner ici!Depuis vingt ans, la Silicon Valley nous vend la même promesse : une vie fluide, sans résistance, où tout est à portée de clic. Et on a dit oui. Collectivement, sans jamais vraiment en discuter. Le café en dosette plutôt que le café moulu. La playlist algorithmique plutôt que les morceaux glanés un à un. La livraison en deux heures plutôt que la sortie en ville. Individuellement, chaque choix semblait raisonnable.Dans cet épisode, j'explore ce que cette idéologie du "frictionless" nous a réellement coûté, au-delà de l'addiction aux écrans et de la perte d'emplois : une vie qui glisse sans s'accrocher nulle part, une capacité à raisonner qui s'atrophie, un monde commun qui disparaît, et une génération entière structurellement fragile face aux vraies tempêtes.J'interroge les travaux de Matthew Crawford sur la résistance productive, de Tim Wu sur la commodité comme idéologie dominante, d'Hannah Arendt sur le monde commun, de Jonathan Haidt sur la santé mentale des adolescents depuis l'arrivée des smartphones, de Pablo Servigne sur le "réseau des tempêtes" comme seule vraie résilience, et d'Hartmut Rosa sur la résonance. Je m'appuie aussi sur Viktor Frankl, Harry Frankfurt, Sherry Turkle et Cal Newport.Ce n'est pas un texte technophobe. Je commande sur Amazon, je prends des Uber, j'utilise Claude Cowork tous les jours. Mais je me demande, honnêtement, ce qu'on a accepté de sacrifier sans jamais en discuter collectivement. Et si le vrai futur, ce n'était pas un futur sans friction, mais un futur dans lequel on utilise les outils pour monter le niveau d'exigence, pas pour le faire descendre.CITATIONS MARQUANTES1. "La commodité, dans sa version la plus avancée, ne supprime pas juste la contrainte. Elle supprime aussi l'expérience."2. "Une vie dans laquelle il n'y a aucune friction est une vie dans laquelle nous mourons dans le même état que celui dans lequel nous sommes nés. Il ne s'est strictement rien passé." (Michael Dandrieux)3. "On a remplacé le raisonnement par l'accumulation de contenus et de données. Et ces deux choses ne sont pas du tout équivalentes."4. "Des livrables plus beaux, des décisions moins bonnes." (dirigeant d'un cabinet de conseil en stratégie)5. "La démocratie est un effort. Pas seulement un effort de l'intelligence rationnelle. Un effort de confiance aussi. D'aimer son prochain qu'on ne connaît pas." (Edward Snowden, via Flore Vasseur)IDÉES CENTRALES1. La friction n'est pas un bug, c'est ce qui nous constitue Timestamp estimé : 06:30 – 14:30 Matthew Crawford le formule mieux que quiconque : l'engagement avec la résistance du monde réel e
Pierre Brosselet, ingénieur géologue et fondateur d'Arverne. Il a passé 25 ans à forer des puits pétroliers dans le monde entier, à marcher sur des pipelines, à voir de l'intérieur ce que l'industrie fossile fait réellement. Et puis il s'est retourné. Pas par idéalisme, mais parce qu'il a compris qu'on avait une solution sous nos pieds dont personne ne parlait.Son livre s'intitule d'ailleurs "La solution est peut-être sous nos pieds" et c'est précisément de ça qu'on parle dans cet épisode.Dans cet épisode, nous parlons de géothermie, de ce que c'est vraiment, de pourquoi cette énergie n'a jamais trouvé sa place dans le débat malgré ses vertus, et de ce qu'il faudrait pour changer ça. J'ai questionné Pierre sur les freins politiques, géopolitiques, économiques qui ont mis cette énergie à l'écart pendant des décennies. On parle aussi du lithium qu'on peut extraire de ces eaux chaudes souterraines, du paradoxe d'une France qui maîtrise parfaitement l'art du forage mais ne s'en sert pas pour elle-même, des pays qui ont fait ce choix en premier, de ce que ça coûte concrètement chez un particulier, et des risques réels, sans les minimiser.C'est un épisode plein de solutions concrètes. Et franchement, ça fait du bien.3. Citations marquantes1. "Le plus gros avantage de la géothermie, c'est qu'elle est invisible. Mais c'est aussi son pire ennemi."2. "La France a la capacité A. Mais elle n'a pas eu la volonté B."3. "Tu fais un trou, et la chaleur, ensuite, elle vient en communication avec la surface. La Terre ne te fait pas payer."4. "Ce que j'ai trouvé comme détracteurs, c'est des ignorants. Au vrai sens du terme. Des gens qui ne connaissaient pas."5. "Je suis optimiste de nature, mais assez pessimiste d'intelligence. Parce que quand on voit ce qui se passe, c'est quand même pas rigolo."4. Big Ideas1. L'invisibilité comme malédiction Timestamp : 0:03:10 à 0:05:05 La géothermie ne souffre pas de détracteurs mais d'oubli. Ce qu'on ne voit pas n'existe pas dans le débat public. Les éoliennes créent des oppositions parce qu'elles sont visibles. La géothermie génère de l'indifférence parce qu'elle est enfouie. C'est une leçon sur la façon dont la perception structure la politique énergétique bien plus que les faits.2. Le mur de l'investissement court-termiste Timestamp : 0:08:00 à 0:10:31 La géothermie est économiquement gagnante sur 15 à 20 ans, mais perdante sur les 5 premières années. Dans un monde qui décide dans l'urgence, ce modèle économique est structurellement défavorisé, même quand il est objectivement meilleur. Le problème n'est pas technique, il est cognitif.3. La géopolitique de l'énergie comme clé de lecture du monde Timestamp : 0:11:26 à 0:15:44 L'accès à l'énergie est le prisme principal de lecture des déci
Jean-Miguel Pire, philosophe et essayiste. Son livre L'Otium remet en circulation un concept millénaire pour nommer ce que notre époque a méthodiquement effacé de son vocabulaire et de ses valeurs : le loisir intelligent.Je connais Jean-Miguel depuis un moment et j'avais envie de lui donner une tribune pour cette idée que je trouve rare : un concept ancien, presque disparu, qui permet de nommer quelque chose qu'on ressent tous sans jamais arriver à le formuler. Ce moment-là, quand une idée trouve enfin son mot, c'est pour moi l'une des expériences intellectuelles les plus jouissives qui soit.Dans cet épisode, nous parlons du temps libre comme espace de développement de la conscience, de l'origine grecque de l'Otium et de sa transformation romaine en quelque chose de secondaire, du lien sémantique vertigineux entre le "négoce" et la "négation de l'Otium", et de la question de savoir si le marché est vraiment le problème, ou si c'est plutôt l'hégémonie de ses valeurs dans des domaines qui n'ont rien à voir avec lui. J'ai questionné Jean-Miguel sur ce qui distingue l'Otium du développement personnel, sur la dimension politique du concept, et sur ce que ça change concrètement de nommer enfin quelque chose qu'on pratique sans le savoir.3. Citations marquantes"Le négoce, c'est la négation de l'Otium. Le marché a intérêt à nier la part la plus essentielle de nos existences.""Comme on n'a pas vraiment conscience de ce loisir intelligent, on ne l'a pas nommé, et ça crée un espace de liberté sauvage pour les industries de la captation du temps de cerveau disponible.""On est sur le logiciel romain : un Otium qui est prestigieux, mais considéré comme secondaire.""L'objectif, il est quand même social. S'améliorer pour être une meilleure personne, c'est aussi pour être un meilleur citoyen.""On est à un point de suffocation parce qu'on s'aperçoit que cet envahissement, cette hégémonie, nous mène à la catastrophe."4. Idées centrales (Big Ideas)1. L'Otium : nommer pour exister Un concept ne peut être défendu que s'il est nommé. Le loisir intelligent existait dans nos vies, mais sans mot pour le désigner, il était indéfendable, vis-à-vis des autres comme de soi-même. Donner un nom à une pratique, c'est lui donner une réalité sociale. Pourquoi c'est important : c'est le fondement de tout le reste. Sans cette bascule sémantique, aucune résistance n'est possible. Timestamp approximatif : 01:07 à 03:252. Le négoce comme négation structurelle Le mot "négoce" porte littéralement en lui la négation de l'Otium (nec + otium). Ce n'est pas une coïncidence rhétorique, c'est une structure historique : le marché s'est construit sur l'éviction du temps de consc
Fabrice Midal, philosophe, fondateur de l'École Occidentale de Méditation et auteur d'une vingtaine de livres dont le dernier, Empêcher que le monde ne se défasse, paru récemment. C'est aussi l'auteur d'un podcast génial.Je le connaissais de loin. J'avais tort de ne pas l'avoir lu plus tôt. Dès qu'on s'est mis à parler, j'ai réalisé qu'on partageait une même manière de regarder le monde : avec inquiétude, mais sans résignation. Avec lucidité sur ce qui fout le camp, et une conviction tenace que quelque chose reste à faire, là, maintenant, à notre échelle.Dans cet épisode, nous parlons de ce que Fabrice appelle la calculabilité généralisée : cette tendance de notre époque à ne considérer comme réel que ce qui se mesure, se gère, se rentabilise. Et comment cette idéologie invisible, qu'on ne voit même plus parce qu'elle est partout, est à l'origine de beaucoup de nos souffrances, de nos burn-out, de notre sentiment d'impuissance collective.J'ai questionné Fabrice sur la différence entre la haine et la colère, sur ce que résister veut vraiment dire, sur pourquoi la méditation est devenue un outil de barbarie dans la majorité des entreprises, et sur ce que Camus, René Char, Etty Hillesum ont à nous dire aujourd'hui. Nous parlons aussi de la distinction entre le sacrifice et l'amour, entre le militantisme et l'engagement, entre réagir et agir.Ce qui m'a le plus frappé dans cette conversation : Fabrice ne propose pas de grand soir. Il propose un pas. Un seul. Et l'idée que ce pas, même invisible, même non mesurable, pourrait changer tout.3. CITATIONS MARQUANTES« Les gens font un burn-out parce qu'ils veulent trop bien faire. Ils ont tellement intégré ce modèle où il faut s'instrumentaliser, sinon on ne va plus trouver sa place. »« Ce qu'on prétend rationnel est très irrationnel. On est obligé de réduire le réel à des équations extrêmement sommaires. Et donc, on oublie non seulement le sensible, mais le réel lui-même. »« On meurt de chagrin. Personne ne meurt de colère. »« Fais ce que tu dois, advienne que pourra. Nous avons à empêcher, dans nos actions au quotidien, que le monde ne s'effondre. »« Ça ne change rien et ça change tout. Ce n'est pas nous qui pouvons mesurer les choses. »4. IDÉES CENTRALES (BIG IDEAS)1. La calculabilité comme idéologie invisible [00:04:57] Notre époque a redéfini le réel : est réel ce qui est calculable, gérable, rentable. Tout le reste, y compris la qualité d'une présence humaine, a été évacué du champ de ce qui compte. Cette idéologie n'est pas neutre : elle produit de la déshumanisation à grande échelle. Pourquoi c'est important : cela requalifie nos problèmes. Ce ne sont pas des problèmes psychologiques, ce sont des problèmes idéologiques. La responsabilité change de camp.
Dans cet épisode solo, je reviens sur une position que j'ai longtemps défendue, celle de tempérer face au catastrophisme ambiant sur l'IA, et j'explique pourquoi les preuves qui s'accumulent depuis quelques mois m'obligent à regarder les choses autrement. Pas pour rejoindre la panique, mais parce qu'une position qui ne s'interroge jamais devient une posture, pas une analyse.Dans cet épisode, nous parlons de la contradiction structurelle au cœur du capitalisme numérique : l'IA générative détruit les emplois cognitifs de niveau intermédiaire, précisément ceux qui constituent la base de consommation sur laquelle repose l'économie. J'ai questionné les travaux de Nick Dyer-Witheford, Karen Hao, Emad Mostaque et Anis Rahman sur ce que ça signifie concrètement, au-delà des chiffres de Goldman Sachs et des fuites internes d'Anthropic. Et parce que je déteste laisser les gens dans un état d'impuissance intellectuelle pire qu'avant la lecture, je finis sur des exemples concrets, locaux, qui montrent qu'une autre IA est possible même si les rapports de forces sont pour l'instant très déséquilibrés. Le tout pour vous redonner envie du futur bien sur :)CITATIONS MARQUANTES"Il y a un mot pour décrire un système qui détruit méthodiquement sa propre base de clients. Ce mot n'est pas 'innovation' mais 'suicide'.""C'est la boîte qui construit les outils qui sonne elle-même l'alarme sur leur impact. Ce n'est pas un philosophe marxiste.""Ils ont entraîné leurs propres remplaçants." (sur les travailleurs d'annotation de Nairobi, Manille, Lahore)"Regarde qui te chuchote à l'oreille chaque jour, et demande-toi de qui c'est l'intérêt." (Emad Mostaque)"Une position qui ne s'interroge jamais elle-même, c'est une posture, pas une analyse."IDÉES CENTRALES 1. Le contrat de Ford est rompu, par design Henry Ford payait ses ouvriers pour qu'ils puissent acheter ses voitures : le capital paie le travail, le travail consomme, la production nourrit le capital. L'IA générative rompt ce cercle en rendant le capital structurellement indépendant du travail humain. Ce n'est pas un bug du système, c'est une conséquence logique de sa propre optimisation poussée à l'extrême. C'est important parce que cela remet en cause le mécanisme de stabilisation automatique sur lequel les démocraties libérales se sont appuyées depuis Keynes.2. L'IA s'attaque précisément aux emplois qui étaient censés être la solution Contrairement aux révolutions industrielles précédentes qui frappaient d'abord les peu qualifiés, l'IA générative cible le travail cognitif intermédiaire : analyse, rédaction, code, diagnostic, comptabilité, marketing. Ces emplois constituaient la colonne vertébrale des classes moyennes éduquées. Ce sont eux qui avaient fait les études recommandées pour s'adapter. Si eux ne peuvent pas, qui peut ?<
Olivier Véran est évidemment l'ancien mnistre de la santé qui a eu à gérer la crise du Covid mais c'est égaleemnt un médecin neurologue. Depuis, il a quitté la politique pour mieux l'observer, et il regarde le monde avec une lucidité qui, franchement, m'a surpris.On s'était croisés autour d'un café pour parler d'un sujet qui m'obsède : comment nos cerveaux vont évoluer à l'ère de l'IA. Et la conversation est allée beaucoup plus loin que prévu.Dans cet épisode, nous parlons de diagnostic préimplantatoire et de design d'enfant, de neurotechnologies d'augmentation, du projet d'Apple de lire vos pensées via les AirPods, de l'absence totale de débat démocratique sur ces sujets, de la société du commentaire vue de l'intérieur d'un ministère, des inégalités creusées par les campagnes de santé publique, de l'avenir de la Sécurité sociale, et de ce qui, selon Olivier, peut encore nous redonner de l'élan.J'ai questionné Olivier sur ce qui se joue vraiment autour des neurotechnologies, sur pourquoi il n'existe pas encore de "conférence d'Asilomar" pour le cerveau, et sur ce que ça dit de nous, collectivement, qu'on laisse ces décisions aux seuls acteurs privés.Un épisode dense, parfois inconfortable, et finalement assez stimulant j'espère.CITATIONS MARQUANTES"Si ton collègue d'à côté parle 50 langues, comprend plus vite que toi et peut bosser 12 heures sans pause, à un moment donné, tu n'auras plus le choix.""Il n'y a pas eu de conférence d'Asilomar pour les neurotechnologies. Pas 150 chercheurs réunis pour dire : est-ce qu'on veut vraiment aller là ?""L'IA, ça nous est littéralement tombé dessus. Aucun État n'était préparé. Et c'est déjà la preuve qu'on est incapables d'anticiper les révolutions technologiques.""80% de tes dépenses de santé, c'est dans ta dernière année de vie.""Je claque la porte à la radicalité de tous bords, celle qui veut nous faire croire qu'on n'a plus la capacité de s'entendre."QUESTIONS DE L'INTERVIEWLe diagnostic préimplantatoire est interdit en France, mais légal ailleurs. Où en est-on techniquement, et à quelle fiabilité ?Le film Bienvenue à Gattaca date de 1997. Est-ce qu'il a pris une ride ?Comment la société du commentaire a-t-elle changé la gestion d'une crise sanitaire comme le Covid ?On a été l'un des pays les plus vaccinés. Comment tu expliques ça, vu le niveau de défiance au départ ?Si tu devais regérer le Covid aujourd'hui, qu'est-ce que tu ferais différemment ?Les neurotechnologies d'augmentation, c'est de la science-fiction ou c'est pour demain ?À quel moment est-ce qu'on nous a demandé notre avis sur ces technologies qui peuvent lire nos pensées ?Interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, comme le propose Macron, ça sert à quoi ?L'IA va-t-elle remplacer les médecins, ou simpleme
Olivier Véran est évidemment l'ancien mnistre de la santé qui a eu à gérer la crise du Covid mais c'est égaleemnt un médecin neurologue. Depuis, il a quitté la politique pour mieux l'observer, et il regarde le monde avec une lucidité qui, franchement, m'a surpris.On s'était croisés autour d'un café pour parler d'un sujet qui m'obsède : comment nos cerveaux vont évoluer à l'ère de l'IA. Et la conversation est allée beaucoup plus loin que prévu.Dans cet épisode, nous parlons de diagnostic préimplantatoire et de design d'enfant, de neurotechnologies d'augmentation, du projet d'Apple de lire vos pensées via les AirPods, de l'absence totale de débat démocratique sur ces sujets, de la société du commentaire vue de l'intérieur d'un ministère, des inégalités creusées par les campagnes de santé publique, de l'avenir de la Sécurité sociale, et de ce qui, selon Olivier, peut encore nous redonner de l'élan.J'ai questionné Olivier sur ce qui se joue vraiment autour des neurotechnologies, sur pourquoi il n'existe pas encore de "conférence d'Asilomar" pour le cerveau, et sur ce que ça dit de nous, collectivement, qu'on laisse ces décisions aux seuls acteurs privés.Un épisode dense, parfois inconfortable, et finalement assez stimulant j'espère.CITATIONS MARQUANTES"Si ton collègue d'à côté parle 50 langues, comprend plus vite que toi et peut bosser 12 heures sans pause, à un moment donné, tu n'auras plus le choix.""Il n'y a pas eu de conférence d'Asilomar pour les neurotechnologies. Pas 150 chercheurs réunis pour dire : est-ce qu'on veut vraiment aller là ?""L'IA, ça nous est littéralement tombé dessus. Aucun État n'était préparé. Et c'est déjà la preuve qu'on est incapables d'anticiper les révolutions technologiques.""80% de tes dépenses de santé, c'est dans ta dernière année de vie.""Je claque la porte à la radicalité de tous bords, celle qui veut nous faire croire qu'on n'a plus la capacité de s'entendre."QUESTIONS DE L'INTERVIEWLe diagnostic préimplantatoire est interdit en France, mais légal ailleurs. Où en est-on techniquement, et à quelle fiabilité ?Le film Bienvenue à Gattaca date de 1997. Est-ce qu'il a pris une ride ?Comment la société du commentaire a-t-elle changé la gestion d'une crise sanitaire comme le Covid ?On a été l'un des pays les plus vaccinés. Comment tu expliques ça, vu le niveau de défiance au départ ?Si tu devais regérer le Covid aujourd'hui, qu'est-ce que tu ferais différemment ?Les neurotechnologies d'augmentation, c'est de la science-fiction ou c'est pour demain ?À quel moment est-ce qu'on nous a demandé notre avis sur ces technologies qui peuvent lire nos pensées ?Interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, comme le propose Macron, ça sert à quoi ?L'IA va-t-elle remplacer les médecins, ou simpleme
Jérémy Coron, coach en santé et performance, spécialiste du sommeil et de la biologie humaine.J'ai rencontré Jérémy parce que je cherchais quelqu'un qui pouvait expliquer simplement des mécanismes que la plupart des gens subissent sans les comprendre. Il a ce truc rare : il rend accessible une science qui devrait être enseignée à l'école, sans jamais la simplifier à outrance.Dans cet épisode, nous parlons de ce qui se passe vraiment dans ton corps entre le moment où tu ouvres les yeux et le moment où tu t'endors. Du rythme circadien, de la mélatonine et du cortisol comme acteurs antagonistes, de pourquoi regarder une série de zombies avant de dormir est biologiquement absurde, et de ce que les chronotypes lion, ours et loup changent concrètement à ta façon d'organiser ta journée.J'ai questionné Jérémy sur le mythe des heures avant minuit, sur pourquoi ton café du réveil est peut-être la pire chose que tu puisses faire au moment où tu le bois, et sur ce que ça fait d'être un loup dans un monde conçu par des ours.3. Citations marquantes"On n'est pas des êtres terrestres, on est des êtres solaires.""Le cortisol, c'est l'hormone de l'énergie, pas l'hormone du stress. C'est l'hormone de réponse au stress.""Prendre son café au réveil, c'est l'équivalent de charger un téléphone qui est déjà plein.""Il n'y a aucun monde dans lequel l'homme préhistorique regarde The Walking Dead et va se coucher.""L'insomnie, ce n'est pas héréditaire. C'est le résultat de comportements qu'on peut heureusement contrecarrer."4. Big Ideas avec timestampsLe cortisol n'est pas l'ennemi (01:32) On a associé le cortisol au stress pendant des années. C'est faux, ou plutôt incomplet. C'est l'hormone qui déstocke l'énergie le matin, qui te réveille, qui te met en mouvement. Requalifier cette hormone change la façon dont on se rapporte à son propre réveil.Le soleil comme chef d'orchestre hormonal (02:09) Le noyau suprachiasmatique régule l'ensemble du timing hormonal en fonction des signaux lumineux. On est littéralement câblés sur le cycle solaire. Ce n'est pas de la poésie, c'est de la biologie de base qu'on ignore collectivement.Lumière bleue : le bon moment change tout (01:32) La lumière bleue n'est pas mauvaise en soi, elle est essentielle le matin et destructrice le soir. Cette nuance, simple une fois posée, restructure complètement la routine quotidienne.Le café au bon moment (03:55) Boire son café dans les 90 premières minutes du réveil court-circuite un pic de cortisol naturel. Décaler de 90 minutes à 2 heures, c'est une intervention quasi-gratuite avec un impact réel sur l'énergie.Les chronotypes comme réalité biologique (07:29) Lions, ours, loups : les trois chronotypes ne sont pas des préférences lifestyle, ce sont des co
Mai Hua, réalisatrice et autrice est une amie et elle est venue plein de fois sur Vlan! Elle a signé Les rivières et Make Me a Man, et sort aujourd'hui Mayday, un documentaire qui filme l'intérieur d'une retraite thérapeutique de 14 jours, sans électricité, sans réseaux sociaux, avec 12 personnes qui ne se connaissent pas et n'ont rien en commun.Mai Hua est donc une amie proche. On se connaît depuis longtemps et j'attendais cet épisode avec impatience, parce que ce qu'elle explore touche exactement ce que j'essaie de mettre en mots depuis des années : comment retrouver de l'élan dans un monde qui semble faire tout pour nous l'enlever.Dans cet épisode, nous parlons de la différence fondamentale entre développement personnel et soin collectif, de ce que ça fait de vivre sans téléphone pendant deux semaines, du rôle de la colère comme émotion mal comprise et puissante, et de pourquoi la joie est un acte politique, pas un sentiment léger.J'ai questionné Mai Hua sur ce que le cinéma peut soigner que la thérapie ne peut pas, sur la manière dont les réseaux sociaux organisent notre séparation, et sur ce que les peuples racines ont compris que nous avons oublié. C'est une conversation sur le courage, au sens littéral : courage vient du mot cœur. Et c'est exactement ce dont il est question ici.Citations marquantes"Est-ce que tu veux être une bonne personne ou une personne entière ?" — Carl Jung, cité par Mai Hua en ouverture du film Mayday."The circle is a shaman. D'être ensemble, ça nous fait accéder à une super intelligence, une super âme. Ce n'est pas juste un plus un font deux.""Si tu perds la joie, tu perds deux fois." — Nicolas Gau, cité par Mai Hua."Quand ton corps vit dans des éléments, il n'y a plus de douche, il fait froid, il y a une rivière pour se laver, le toi que tu vas créer est totalement différent de celui que tu peux créer devant ton ordinateur.""La raison d'être de la tribu, c'est la guérison des individus. C'est ça qu'on doit faire. Trouver la super soul qui va amener de la guérison aux individus pour nous mettre en mouvement."Idées dont nous parlons1. Le collectif comme antidote, pas comme supplément Timestamp approximatif : 0:05:30 à 0:07:11 La retraite filmée dans Mayday n'est pas du développement personnel. C'est une proposition culturelle : changer les règles du vivre-ensemble pour voir ce que les individus deviennent quand la tribu a pour cœur de les guérir, et non de les rendre productifs. Le capitalisme a inversé ce paradigme. Filmer ça, c'est montrer qu'une autre logique existe, et qu'elle fonctionne.2. La colère comme condition de l'intégrité Timestamp approximatif : 0:20:52 à 0:24:07 Réprimer la colère, c'est se couper d'une partie de soi. Dans une société de performance qui demande de gérer
Une confession professionnelle et personnelle sur vingt ans passés à l'intérieur d'un système que j'ai contribué à construire, à défendre, à enseigner, et que je regarde aujourd'hui avec un mélange de lucidité et de fatigue.Dans cet épisode, je parle de la fin d'une relation. Pas d'une rupture spectaculaire, pas d'un manifeste militant, mais d'un désamour doux et irréversible avec les réseaux sociaux. Je remonte aux débuts, en 2005, quand les blogs servaient avant tout à organiser des rencontres physiques dans des appartements et des cafés parisiens. Je traverse la professionnalisation progressive, l'arrivée du Klout, la corruption silencieuse par l'argent et les algorithmes, jusqu'au moment où j'ai supprimé quasi tout le contenu de mon Instagram personnel, tranquillement, presque avec soulagement.J'ai questionné cette histoire sur ce que les données disent vraiment, sur le concept d'enshittification de Cory Doctorow, sur la Dark Forest Theory, sur la "connected privacy" d'Eugene Healey et sur ce que tout ça dit de ce qu'on cherche vraiment. Et pourquoi, malgré tout, je reste optimaliste.3. Citations marquantes"La dégradation n'est pas un bug, c'est une fonctionnalité." (Cory Doctorow, cité dans l'épisode)"Seulement 7% du temps passé sur Instagram concerne des échanges entre amis et proches. Meta l'a admis en justice.""Être offline est devenu le nouveau luxe. Il y a quinze ans, le symbole de statut c'était le BlackBerry. Aujourd'hui c'est de pouvoir être délibérément hors ligne.""L'authenticité est devenue performative. Ce qui est un contresens évident.""Être vu est algorithmique. Être connu est analogique. Huit personnes autour d'une table qui se souviennent comment vous prenez votre café."Idées principales1. L'enshittification : la dégradation programmée (~16:00) Cory Doctorow décrit en trois temps la mécanique infaillible de toutes les plateformes : séduction des utilisateurs, exploitation au profit des annonceurs, pillage pour les actionnaires. J'ai vécu ces trois phases de l'intérieur depuis 2005. Ce n'est pas un accident, c'est le modèle.2. L'authenticité comme format (~20:00) Le moment où quelqu'un a découvert que la vulnérabilité performait mieux que la perfection a tout changé. Les confessions personnelles sont aujourd'hui rédigées avec la même minutie qu'une campagne publicitaire. L'authenticité est devenue une stratégie de contenu, ce qui la détruit par définition.3. La Dark Forest Theory : la fuite silencieuse (~26:00) Face au bruit algorithmique, les utilisateurs ne quittent pas internet, ils se réfugient dans ses recoins privés. WhatsApp, Discord, Substack restreint, dîners sans téléphone. Ce mouvement est massif, silencieux, et parfaitement rationnel.4. Être vu versus être connu</s
Pierre de Villiers, général et ancien chef d'état-major des armées de France jusqu'en 2017, auteur notamment de Servir et d'un nouveau livre sur le redressement de la France intitulé ""pour le succès des armées de la France" J'ai une vraie fascination pour la culture militaire, cette culture du temps long, de la loyauté vraie et du sens du service — et c'est précisément ce que Pierre de Villiers incarne mieux que quiconque. Il a grandi dans une famille où le père avait fait cinq ans de captivité, il a commandé jusqu'à 80 chars Leclerc, il a côtoyé quatre présidents de la République en Conseil de défense, et il a eu le courage peu commun de démissionner publiquement plutôt que de se taire. Ce n'est pas l'invité habituel de VLAN, et c'est exactement pour ça que j'ai voulu l'avoir.Dans cet épisode, nous parlons de la situation géopolitique mondiale — le retour des États-puissances, la guerre en Ukraine, la relation ambiguë avec les États-Unis — mais aussi de l'état intérieur de la France : la désindustrialisation, la crise de l'autorité, le fossé entre gouvernants et gouvernés, la démographie, l'immigration, la dette. J'ai questionné le général de Villiers sur ce que signifie vraiment servir, sur pourquoi nos démocraties produisent des décisions courtes alors que les défis sont longs, et sur ce qui, malgré tout, lui donne de l'espoir.CITATIONS MARQUANTES« Les États-Unis sont des partenaires adversaires. Les États n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts. » — 0:32:52« La vraie autorité, c'est quand l'ordre a été exécuté avant d'être donné. » — 0:22:26« Il faut penser l'impensable. Et aujourd'hui, j'ai le sentiment qu'on repousse tout ça en se disant : ça ne sera pas pour nous. » — 0:53:00« 80% des Français sont d'accord sur les grandes mesures. Et 90% de ceux qui dirigent sont opposés à ces 80%. » — 1:16:06« Ces migrants, ils arrivent pour leur malheur, pas pour leur bonheur. Et toutes ces belles âmes qui se bouchent le nez à vélo à Paris — ça suffit. » — 0:43:20IDÉES CENTRALES1. Le retour de la guerre comme réalité, pas comme concept La guerre n'est pas une abstraction historique. De Villiers l'a vue en ex-Yougoslavie, il voit l'Ukraine perdre 1 000 hommes par jour. Ses préventions remontent à 2017 : les États-puissances réarmaient à 5-10% par an depuis quinze ans pendant que les démocraties européennes savouraient les dividendes de la paix. Ce que les politiques français refusent encore de voir ressemble trop à 1935 pour ne pas inquiéter. Pourquoi c'est important : ce n'est pas un discours belliciste, c'est un appel pragmatique à ne pas répéter l'aveuglement des années 30. Timestamp : 0:26:17 – 1:00:072. L'autorité vraie versus l'autoritarisme L'ordre donné et exécuté avant d'avoir été dit : telle est la définition de de V
Pierre de Villiers, général et ancien chef d'état-major des armées de France jusqu'en 2017, auteur notamment de Servir et d'un nouveau livre sur le redressement de la France intitulé ""pour le succès des armées de la France" J'ai une vraie fascination pour la culture militaire, cette culture du temps long, de la loyauté vraie et du sens du service — et c'est précisément ce que Pierre de Villiers incarne mieux que quiconque. Il a grandi dans une famille où le père avait fait cinq ans de captivité, il a commandé jusqu'à 80 chars Leclerc, il a côtoyé quatre présidents de la République en Conseil de défense, et il a eu le courage peu commun de démissionner publiquement plutôt que de se taire. Ce n'est pas l'invité habituel de VLAN, et c'est exactement pour ça que j'ai voulu l'avoir.Dans cet épisode, nous parlons de la situation géopolitique mondiale — le retour des États-puissances, la guerre en Ukraine, la relation ambiguë avec les États-Unis — mais aussi de l'état intérieur de la France : la désindustrialisation, la crise de l'autorité, le fossé entre gouvernants et gouvernés, la démographie, l'immigration, la dette. J'ai questionné le général de Villiers sur ce que signifie vraiment servir, sur pourquoi nos démocraties produisent des décisions courtes alors que les défis sont longs, et sur ce qui, malgré tout, lui donne de l'espoir.CITATIONS MARQUANTES« Les États-Unis sont des partenaires adversaires. Les États n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts. » — 0:32:52« La vraie autorité, c'est quand l'ordre a été exécuté avant d'être donné. » — 0:22:26« Il faut penser l'impensable. Et aujourd'hui, j'ai le sentiment qu'on repousse tout ça en se disant : ça ne sera pas pour nous. » — 0:53:00« 80% des Français sont d'accord sur les grandes mesures. Et 90% de ceux qui dirigent sont opposés à ces 80%. » — 1:16:06« Ces migrants, ils arrivent pour leur malheur, pas pour leur bonheur. Et toutes ces belles âmes qui se bouchent le nez à vélo à Paris — ça suffit. » — 0:43:20IDÉES CENTRALES1. Le retour de la guerre comme réalité, pas comme concept La guerre n'est pas une abstraction historique. De Villiers l'a vue en ex-Yougoslavie, il voit l'Ukraine perdre 1 000 hommes par jour. Ses préventions remontent à 2017 : les États-puissances réarmaient à 5-10% par an depuis quinze ans pendant que les démocraties européennes savouraient les dividendes de la paix. Ce que les politiques français refusent encore de voir ressemble trop à 1935 pour ne pas inquiéter. Pourquoi c'est important : ce n'est pas un discours belliciste, c'est un appel pragmatique à ne pas répéter l'aveuglement des années 30. Timestamp : 0:26:17 – 1:00:072. L'autorité vraie versus l'autoritarisme L'ordre donné et exécuté avant d'avoir été dit : telle est la définition de de V
Alexandre Dana est un entrepreneur, il intervient sur le podcast Métamorphose et c'est un ami!Dans cet moment qui est un extrait d'un épisode que nous avons enregistré il y a quelques mois et nous parlons de quelque chose qui nous concerne tous mais que nous évitons souvent de regarder en face : notre incapacité à ralentir dans un monde conçu pour accélérer en permanence.J’ai questionné mon invité sur une idée simple mais profondément dérangeante : et si le problème n’était pas notre manque de discipline… mais un environnement conçu pour nous faire échouer ?On parle de carnet, d’écriture, de mémoire, mais surtout de présence. De ce moment où tu réalises que tu passes ta vie à sauvegarder des choses que tu ne reliras jamais. De cette illusion moderne de la curiosité, qui ressemble souvent plus à de l’accumulation qu’à de la compréhension.Ce que j’aime dans cette conversation, c’est qu’elle est à la fois très concrète — écrire le matin, couper le téléphone — et profondément philosophique : accepter de ne pas tout savoir, pour enfin apprendre quelque chose.Citations marquantes“Le combat contre ton téléphone est perdu d’avance.”“La vraie curiosité, c’est accepter de ne pas tout apprendre.”“On sait que l’autre regarde ses mails… et on accepte tous d’être à moitié présents.”“Le piège du digital, c’est qu’il n’y a aucune limite.”“Tu accumules du savoir, mais tu n’apprends rien.”Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Jean-Michel Ricard, cofondateur de l'association Siel Bleu et pionnier de l'activité physique adaptée en France. Je le reçois dans le cadre du Podcasthon car tous vos podcasteurs préférés cette semaine vont mettre en lumière l'association de leur choix et j'ai donc fait le choix de mettre le mouvement en avant. Jean Michel a une douceur totalement incroyable.Il y a presque 30 ans, lui et son ami Jean-Daniel se sont serré la main sur un pari un peu fou : utiliser le mouvement comme outil pour redonner de la vie, du sourire et de la dignité à des personnes que la société avait tendance à oublier. Aujourd'hui, Siel Bleu, c'est 900 salariés, 10 000 lieux d'intervention et 250 000 personnes accompagnées chaque semaine en France — des personnes âgées dépendantes, des enfants autistes, des gens en rémission de cancer, des personnes dialysées ou en soins palliatifs. Et tout ça sans jamais rentrer dans les cases.Dans cet épisode, nous parlons du mouvement comme médicament sans effets secondaires, de ce que ça veut vraiment dire de prendre soin des gens en fragilité, et de la différence entre le confort à court terme et la santé à long terme. J'ai questionné Jean-Michel sur la naissance de Siel Bleu, sur ce que la science dit vraiment de l'activité physique face à Alzheimer, Parkinson ou le cancer du sein, sur les "séjours hors du temps" pour jeunes adultes en fin de vie, et sur ce que 30 ans d'engagement associatif lui ont appris sur ses angles morts. C'est une conversation pleine de douceur, de conviction et de sagesse concrète.CITATIONS MARQUANTES"L'activité physique, ça devrait être le médicament du XXIe siècle. Ça n'a aucun effet secondaire, ça coûte pas cher, et ça change la vie des gens.""Après avoir donné des années à la vie, donnons de la vie aux années." — le premier slogan de Ciel Bleu, qui résume tout."Si on ferme la porte, on passera par la fenêtre. Et il faut qu'ils en soient sûrs.""La vie est la plus belle des garces. Tout ce qu'on croit qui est gagné, c'est jamais gagné.""Celui qui s'est penché sur une fleur n'aura pas vécu en vain." — citation de Christian Bobin, convoquée pour parler de prendre le temps d'écouter son corps.IDÉES CENTRALES 1. Le mouvement est un outil, pas une finalité Ciel Bleu ne fait pas du sport pour faire du sport. L'activité physique adaptée est un vecteur de reconquête : physique (réduction des chutes, de la sarcopénie, des escarres), cognitif (ralentissement d'Alzheimer, de Parkinson), et social (recréer du lien, sortir de l'isolement). Ce cadrage est fondamental : il déplace le mouvement de la performance vers la vie. Timestamp : 06:33 – 07:542. La prévention coûte moins cher que le curatif — mais personne n'investit dedans La France est dans un modèle de santé essentiellement curatif. Jean-Michel plaide pour une parti
Tout part d'un déjeuner avec Pablo Servigne — chercheur sur les effondrements, que j'avais reçu quelques semaines plus tôt sur VLAN. Une conversation qui dérive vers la géopolitique, les polycrises, le contexte général. J'utilise le mot "chaos" comme je le fais tout le temps, dans mes newsletters, mes conférences, mes conversations quotidiennes. Et Pablo me regarde avec un sourire tranquille et me dit : "Mais tu parles du chaos comme si c'était un problème. La vie, elle danse toujours au bord du chaos." Quelques secondes de silence. Et la réalisation que j'utilisais peut-être ce mot depuis des années avec une erreur fondamentale dedans. Dans cet épisode, je vous parle de ce que j'ai découvert en creusant cette phrase : l'étymologie grecque du chaos, les travaux de Stéphane Gastello sur les systèmes dynamiques, la théorie du chaos des carrières de Robert Pryor et Jim Bright, Roy Bird sur la vie comme phénomène chaotique, Michael Conrad sur l'adaptabilité, Donna Brother sur l'anxiété cartésienne, Hartmut Rosa sur l'accélération sociale et la résonance manquée, Byung-Chul Han sur la transparence, Matthew Welsh sur la responsabilité adaptative, Viktor Frankl sur le sens — et Cécile Wendling, que je reçois cette semaine sur VLAN, qui m'a rappelé que le mot "crise" lui-même est une construction sociale qui génère ses propres angles morts. J'ai questionné tout ce que je pensais savoir sur notre rapport collectif à l'imprévisible : pourquoi notre cerveau traite l'incertitude comme une menace mortelle, ce qui distingue vraiment les systèmes qui s'effondrent de ceux qui se transforment, et ce que la recherche dit concrètement sur comment naviguer dans ce qui, par nature, ne sera jamais stable. Ce n'est pas du développement personnel. C'est plus fondamental que ça. CITATIONS MARQUANTES 1. "La vie, elle danse toujours au bord du chaos."— Pablo Servigne (rapporté par Grégory, 01:48) 2. "Le chaos, ce n'est pas l'opposé de l'ordre. C'est le processus par lequel l'ordre émerge, de façon non planifiée."— Grégory Pouy (08:49) 3. "On ne souffre pas du chaos, on souffre du fait que le chaos n'est pas ce que nous pensions que le monde devrait être."— Grégory Pouy (13:09) 4. "La fourmilière n'est pas construite malgré l'absence de plan central — elle est construite précisément grâce à cette absence."— Grégory Pouy (09:37) 5. "Les individus, les collectifs qui traverseront le mieux ces turbulences, ce ne seront pas ceux qui auront eu les meilleurs plans. Ce seront ceux qui auront développé la capacité à naviguer dans l'incertitude."— Grégory Pouy (49:19) BIG IDEAS 1. Le chaos n'est pas le désordre — c'est la condition du vivant [05:2
Cécile Wendling est prospectiviste et fondatrice de Pan-or-amique, elle pense à 20, 30, 100 ans — pas par anxiété, mais par élan de vie. Cécile a dirigé la prospective du groupe AXA avant de tout quitter pour créer sa propre structure. Elle a passé des années à aider des organisations, des dirigeants, des individus à se projeter dans le temps long — pas pour prédire l'avenir, mais pour l'écrire lucidement. Elle est sociologue, constructiviste, et elle a cette capacité rare de transformer ce qui nous paralyse en terrain fertile. Je la connais depuis un moment, j'admire sa façon de tenir les deux bouts sans jamais tomber ni dans le catastrophisme ni dans la pensée magique.Dans cet épisode, nous parlons de ce qui nous empêche de nous projeter, de pourquoi la crise est peut-être autant un construit social qu'une réalité, et de comment le temps lui-même est une invention que la société nous impose. J'ai questionné Cécile sur les inégalités face au futur, sur l'Afrique comme laboratoire mondial de l'innovation, sur le conatus de Spinoza comme boussole intérieure, sur ce que ça fait vraiment de sauter d'un grand paquebot pour pagayer dans un petit rafiot. On parle aussi de ce qu'on transmet aux enfants, de l'entraide comme ressource immatérielle, de la dépendance au sentier, du clavier AZERTY et des déchets nucléaires — et tout ça forme un fil cohérent, joyeux, profond, sur la façon dont on peut reprendre la main sur son avenir.3. CITATIONS MARQUANTES"Chacun de nous écrit l'avenir chaque jour par ses décisions. Avoir des décisions de temps long, c'est ça aussi œuvrer à une humanité différente." (Partie 1, ~06:00)"Si on n'est pas capable d'imaginer un avenir où on est heureux de vivre, on ne peut pas le créer, on ne peut pas le faire advenir." (Partie 1, ~30:30)"Le pouvoir a besoin de tristesse parce qu'il sait la contrôler, il sait la manipuler." (Cécile citant Deleuze, Partie 1, ~15:10)"Le vide n'existe pas. Mais ça, tu t'en rends compte que quand tu es dans ton petit rafiot à pagayer." (Partie 2, ~08:20)"Claquer la porte à la violence. Et ouvrir la porte au temps long, à se projeter et inventer l'avenir." (Partie 2, ~25:15)4. IDÉES CENTRALES DISCUTÉES 1. Le temps long comme acte politique et humaniste Titre : Décider loin, c'est résister Explication : Dans un monde qui nous force au temps court (contenus jetables, polycrise, dopamine instantanée), choisir de s'inscrire dans une pratique longue — yoga, instrument de musique, doctorat, engagement — est une forme de résistance et d'émancipation. Ce n'est pas de la lenteur, c'est de la profondeur. Pourquoi c'est important : Parce que sans cette capacité, on devient réactif plutôt qu'acteur. Et Cécile montre que cette inégalité
Samah Karaki est neuroscientifique et essayiste et son dernier essai "contre les figures d'autorité" est la raison pour laquelle je la reçois de nouveau!C’est la quatrième fois que je reçois Samah. Et à chaque fois, je sens que quelque chose me bouscule profondément.Dans cet épisode, nous parlons de notre besoin presque viscéral de figures d’autorité. Pourquoi nous aimons tant certains visages. Pourquoi nous leur déléguons notre jugement. Pourquoi nous sommes parfois déçus comme si nous avions été trahis personnellement.J’ai questionné Samah sur la naissance historique de la figure du “génie”, sur la Renaissance, sur le mythe du héros, sur le mérite, sur la visibilité, sur les médias, sur les algorithmes. Mais aussi sur quelque chose de plus intime : qu’est-ce que ça fait de devenir soi-même une figure d’autorité ?Ce que j’aime dans cette conversation, c’est qu’elle ne cherche pas à “cancel”. Elle cherche à déplacer le regard.On parle de plagiat, de création collective, d’impunité, de Heidegger, de Bertolucci, d’écologie, de réseaux sociaux, de gourous, de soft skills… et surtout d’utopie.Et si la pensée n’appartenait jamais à une seule personne ?Et si le vrai pouvoir, c’était de négocier le sens ensemble ?Citations marquantes “Nous avons besoin de boussoles, mais pas de sommets.”“Le problème n’est pas la signature. C’est pourquoi on voit toujours les mêmes noms.”“Quand on sacralise quelqu’un, on suspend notre jugement.”“La pensée n’appartient pas à une figure. Elle appartient à ceux qui la manipulent.”“L’utopie, c’est un endroit où le sens se négocie en permanence.”Big Ideas (Idées centrales)1. Le besoin d’autorité est humainNous manquons d’attention. Nous avons besoin de repères.👉 Important car ça évite la culpabilisation individuelle.⏱ ~00:072. La visibilité n’est pas le mériteLa reconnaissance circule par halo. Les visibles rendent visibles.👉 Important pour comprendre l’entre-soi médiatique.⏱ ~00:293. Le génie est une construction historiqueRenaissance, humanisme, mécénat : naissance de la singularité exceptionnelle.👉 Important pour désacraliser le mythe du créateur solitaire.⏱ ~00:264. La sacralisation crée de l’impunitéPlus on idolâtre, plus on pardonne.👉 Important dans le débat sur cancel culture.⏱ ~00:225. Nous sommes câblés pour créer des récitsBiais d’intentionnalité : on invente des intentions.👉 Important pour comprendre la narration politique moderne.⏱ ~00:396. L’utopie est déjà làDans les classes, les cafés, les discussions réelles.👉 Important pour redonner de l’espoir concret.⏱ ~00:5810 Questions structurantesPourquoi avons-nous besoin de figures d’autorité ?À partir de quand admiration devient-elle abd
Samah Karaki est neuroscientifique et essayiste et son dernier essai "contre les figures d'autorité" est la raison pour laquelle je la reçois de nouveau!C’est la quatrième fois que je reçois Samah. Et à chaque fois, je sens que quelque chose me bouscule profondément.Dans cet épisode, nous parlons de notre besoin presque viscéral de figures d’autorité. Pourquoi nous aimons tant certains visages. Pourquoi nous leur déléguons notre jugement. Pourquoi nous sommes parfois déçus comme si nous avions été trahis personnellement.J’ai questionné Samah sur la naissance historique de la figure du “génie”, sur la Renaissance, sur le mythe du héros, sur le mérite, sur la visibilité, sur les médias, sur les algorithmes. Mais aussi sur quelque chose de plus intime : qu’est-ce que ça fait de devenir soi-même une figure d’autorité ?Ce que j’aime dans cette conversation, c’est qu’elle ne cherche pas à “cancel”. Elle cherche à déplacer le regard.On parle de plagiat, de création collective, d’impunité, de Heidegger, de Bertolucci, d’écologie, de réseaux sociaux, de gourous, de soft skills… et surtout d’utopie.Et si la pensée n’appartenait jamais à une seule personne ?Et si le vrai pouvoir, c’était de négocier le sens ensemble ?Citations marquantes “Nous avons besoin de boussoles, mais pas de sommets.”“Le problème n’est pas la signature. C’est pourquoi on voit toujours les mêmes noms.”“Quand on sacralise quelqu’un, on suspend notre jugement.”“La pensée n’appartient pas à une figure. Elle appartient à ceux qui la manipulent.”“L’utopie, c’est un endroit où le sens se négocie en permanence.”Big Ideas (Idées centrales)1. Le besoin d’autorité est humainNous manquons d’attention. Nous avons besoin de repères.👉 Important car ça évite la culpabilisation individuelle.⏱ ~00:072. La visibilité n’est pas le mériteLa reconnaissance circule par halo. Les visibles rendent visibles.👉 Important pour comprendre l’entre-soi médiatique.⏱ ~00:293. Le génie est une construction historiqueRenaissance, humanisme, mécénat : naissance de la singularité exceptionnelle.👉 Important pour désacraliser le mythe du créateur solitaire.⏱ ~00:264. La sacralisation crée de l’impunitéPlus on idolâtre, plus on pardonne.👉 Important dans le débat sur cancel culture.⏱ ~00:225. Nous sommes câblés pour créer des récitsBiais d’intentionnalité : on invente des intentions.👉 Important pour comprendre la narration politique moderne.⏱ ~00:396. L’utopie est déjà làDans les classes, les cafés, les discussions réelles.👉 Important pour redonner de l’espoir concret.⏱ ~00:5810 Questions structurantesPourquoi avons-nous besoin de figures d’autorité ?À partir de quand admiration devient-elle abd
Christophe André est psychiatre et co-auteur de "vivre pendant vivre après", un livre sur le cancer écrit en partenariat avec 2 oncologues.Dans cet épisode, nous parlons de ce moment où la mort cesse d’être un concept pour devenir une possibilité réelle.Christophe a eu un cancer du poumon. Il a perdu son père d’un cancer. Il a accompagné toute sa vie des patients en souffrance. Et pourtant, lorsque la maladie l’a touché, il a ressenti la même colère que tout le monde : “Pourquoi moi ?”J’ai questionné Christophe André sur ce que veut dire être en bonne santé quand on a frôlé la mort. Nous parlons de cette idée que la santé serait un but en soi, alors qu’elle n’est qu’un moyen. Nous parlons de culpabilité, de honte, de cette illusion que si l’on mange bien, si l’on médite, si l’on fait du sport, on serait protégé.Dans cet épisode, nous parlons de la place du mental : est-ce qu’il guérit vraiment ? Ou est-ce qu’il aide simplement à traverser ?Nous parlons des médecines alternatives, de la médecine intégrative, du danger de retarder un traitement lourd au nom d’une promesse rassurante.Mais surtout, nous parlons de vie. Parce que le cancer a cette particularité étrange : il vous tire vers la mort et, en même temps, il intensifie votre amour de la vie.C’est une conversation douce mais radicale. Sur la fragilité. Sur la responsabilité. Sur ce que signifie vraiment guérir.Citations marquantes« La santé, c’est la vie dans le silence des organes. »« La protection n’est pas une garantie. »« On ne trouve jamais la vie aussi belle que quand la mort est à côté. »« La honte, ce n’est pas l’inconfort de ce que j’ai fait, c’est l’inconfort de ce que je suis. »« Le mental aide à traverser. Il ne fait pas disparaître la maladie. »Les grandes idées 1. La santé n’est pas un idéal moralJe constate que nous avons transformé la santé en performance.Or elle n’est qu’un outil pour vivre.2. Le cancer détruit l’illusion de contrôleOn peut réduire les risques.On ne peut pas garantir l’immunité.3. La maladie rend la mort réelleEt c’est précisément cette proximité qui rend la vie plus intense.4. La honte isoleLa culpabilité peut être discutée.La honte enferme.5. Le mental est une enduranceIl ne vainc pas biologiquement le cancer.Il aide à ne pas s’effondrer psychiquement.6. La médecine doit devenir intégrativePas alternative.Pas naïve.Mais coordonnée.7. Il existe trois guérisonsMédicale.Psychologique.Sociale.Et elles n’avancent pas au même rythme.QUESTIONS STRUCTURANTESQu’est-ce qu’être en bonne santé ?Pourquoi moi ?Peut-on vraiment prévenir un cancer ?Le stress est-il responsable ?Le mental peut-il guérir ?Comment accompagner un pro
Christophe André est psychiatre et co-auteur de "vivre pendant vivre après", un livre sur le cancer écrit en partenariat avec 2 oncologues.Dans cet épisode, nous parlons de ce moment où la mort cesse d’être un concept pour devenir une possibilité réelle.Christophe a eu un cancer du poumon. Il a perdu son père d’un cancer. Il a accompagné toute sa vie des patients en souffrance. Et pourtant, lorsque la maladie l’a touché, il a ressenti la même colère que tout le monde : “Pourquoi moi ?”J’ai questionné Christophe André sur ce que veut dire être en bonne santé quand on a frôlé la mort. Nous parlons de cette idée que la santé serait un but en soi, alors qu’elle n’est qu’un moyen. Nous parlons de culpabilité, de honte, de cette illusion que si l’on mange bien, si l’on médite, si l’on fait du sport, on serait protégé.Dans cet épisode, nous parlons de la place du mental : est-ce qu’il guérit vraiment ? Ou est-ce qu’il aide simplement à traverser ?Nous parlons des médecines alternatives, de la médecine intégrative, du danger de retarder un traitement lourd au nom d’une promesse rassurante.Mais surtout, nous parlons de vie. Parce que le cancer a cette particularité étrange : il vous tire vers la mort et, en même temps, il intensifie votre amour de la vie.C’est une conversation douce mais radicale. Sur la fragilité. Sur la responsabilité. Sur ce que signifie vraiment guérir.Citations marquantes« La santé, c’est la vie dans le silence des organes. »« La protection n’est pas une garantie. »« On ne trouve jamais la vie aussi belle que quand la mort est à côté. »« La honte, ce n’est pas l’inconfort de ce que j’ai fait, c’est l’inconfort de ce que je suis. »« Le mental aide à traverser. Il ne fait pas disparaître la maladie. »Les grandes idées 1. La santé n’est pas un idéal moralJe constate que nous avons transformé la santé en performance.Or elle n’est qu’un outil pour vivre.2. Le cancer détruit l’illusion de contrôleOn peut réduire les risques.On ne peut pas garantir l’immunité.3. La maladie rend la mort réelleEt c’est précisément cette proximité qui rend la vie plus intense.4. La honte isoleLa culpabilité peut être discutée.La honte enferme.5. Le mental est une enduranceIl ne vainc pas biologiquement le cancer.Il aide à ne pas s’effondrer psychiquement.6. La médecine doit devenir intégrativePas alternative.Pas naïve.Mais coordonnée.7. Il existe trois guérisonsMédicale.Psychologique.Sociale.Et elles n’avancent pas au même rythme.QUESTIONS STRUCTURANTESQu’est-ce qu’être en bonne santé ?Pourquoi moi ?Peut-on vraiment prévenir un cancer ?Le stress est-il responsable ?Le mental peut-il guérir ?Comment accompagner un pro
Eric Larchevêque est un entrepreneur et cofondateur de Ledger. On se connait depuis longtemps avec Eric.Dans cet moment, nous parlons d’un moment de bascule dans la vie d’un entrepreneur : celui qui suit la réussite. J’ai questionné Eric sur ce vide existentiel qui suit la vente d’une entreprise, sur l’identité qui vacille quand on n’est plus “le CEO”, sur le rapport à l’ego, la lumière, la création de contenu, la scène. Il évoque la dépression, le Covid, le besoin de ralentir, puis la nécessité de se reconnecter à quelque chose de plus profond : aider les autres. Un témoignage rare, à la fois lucide, vulnérable et inspirant.3. Citations marquantes« Il n’y a rien de pire que d’atteindre son rêve. »« Une idée n’a aucune valeur. Ce qui compte, c’est l’exécution. »« En 24h, je suis passé de “jamais je lâcherai” à “je pars”. »« Je pense que j’étais en burnout, sans le nommer. »« C’est en aidant les autres qu’on se reconstruit. »4. Idées centrales discutées (Big Ideas)Le vide après la réussiteAtteindre son objectif (vendre son entreprise) crée un vide existentiel inattendu.⏱️ 00:35Trouver un nouveau sensL’après est une quête de sens : aider, transmettre, créer.⏱️ 01:42La création de contenu comme thérapieProduire, partager, échanger devient une nouvelle forme d’existence.⏱️ 02:09Le faux mythe de “l’idée géniale”Une idée ne vaut rien si elle n’est pas exécutée et confrontée.⏱️ 04:13L’année 2013, un tournantAbandon d’un projet rentable, découverte du Bitcoin, naissance de Ledger.⏱️ 05:07Le moment où tout bascule chez LedgerLâcher prise, burnout, prise de recul sur l’ego.⏱️ 07:345. Questions posées dans l’interviewQue se passe-t-il psychologiquement après avoir “réussi” ?Pourquoi dis-tu qu’une idée n’a aucune valeur ?Qu’est-ce que tu retires de la création de contenu aujourd’hui ?Comment as-tu vécu la transition après Ledger ?Qu’est-ce qui t’a permis de lâcher prise ?Comment as-tu su que c’était le moment d’arrêter Prixing ?En quoi 2013 a-t-elle été une année charnière ?Qu’est-ce que ça fait de ne plus être CEO ?Comment gères-tu ton rapport à la scène et à la lumière ?Tes parents ont-ils eu le temps d’être fiers de toi ?6. Références citées dans l’épisodeEntreprises :Ledger : entreprise devenue licorne, cofondée par Eric. ⏱️ 01:14, 05:07Prixing : comparateur de prix abandonné en 2013. ⏱️ 05:45
Christian Junod, ancien banquier devenu expert de la relation à l’argent, sans doute l'expert le plus reconnu en langue française.Christian, c’est cette voix douce, posée, qui t’amène là où ça fait mal sans jamais forcer. C’est un homme qui a passé 23 ans dans la banque, au contact quotidien des ultra-riches, et qui a vu de près un paradoxe fondamental : des gens avec plusieurs millions sur leur compte… morts de trouille à l’idée de manquer.Dans cet épisode, nous parlons d’un sujet intime, glissant, rarement abordé avec sincérité : notre rapport à l’argent. J’ai questionné Christian sur cette peur du manque qui hante même les plus fortunés, sur ce que dit l’argent de nous, de nos blessures, de nos loyautés familiales, de notre besoin de contrôle.Nous avons aussi parlé de liberté, de frugalité, d’insécurité intérieure, de couples qui explosent à cause d’un compte mal partagé. Ce que Christian révèle, c’est que l’argent n’est jamais le vrai sujet — il n’est que le révélateur.Et c’est pour ça que cet épisode, dense et essentiel, ne parle pas tant d’économie que d’âme. Citations marquantes“La plus grande prison n’est pas l’absence d’argent, c’est la peur du regard des autres.”“On ne compense jamais un vide intérieur avec de l’extérieur.”“Être radin, c’est souvent juste avoir peur.”“Travailler dur est la croyance la plus répandue… et la plus toxique.”“Plus je suis serein à l’intérieur, moins j’ai besoin de contrôler.”Idées centrales discutées 1. La peur du manque n’a rien à voir avec ton compte en banqueMême multimillionnaire, on peut vivre dans l’angoisse de tout perdre.🕒 ~00:022. L’argent est une projection : pouvoir, sécurité, amour…Nous collons des symboles sur l’argent, ce qui le rend chargé émotionnellement.🕒 ~06:003. La vraie liberté, c’est se détacher du regard des autresEt ce détachement ne dépend jamais de l’argent, mais d’un travail intérieur.🕒 ~10:304. Les croyances limitantes nous sabotent sans qu’on s’en rende compte“Il faut travailler dur”, “je ne mérite pas”, “on ne peut pas tout avoir” : autant de scripts inconscients.🕒 ~16:005. Le contrôle est toujours une manifestation de la peurContrôler ses dépenses, son couple, ses projets : c’est souvent la peur qui parle.🕒 ~29:006. L’argent dans le couple : le grand tabou relationnelTant qu’on ne peut pas parler d’argent avec son partenaire, la tension s’installe.🕒 ~25:30 Questions posées dans l’interviewQuand as-tu compris que tu avais un problème avec l’argent ?Quelle est la différence entre “avoir des problèmes d’argent” et “avoir un problème avec l’argent” ?Pourquoi a-t-on encore si honte de parler d’argent ?Comm
Christian Junod, ancien banquier devenu expert de la relation à l’argent, sans doute l'expert le plus reconnu en langue française.Christian, c’est cette voix douce, posée, qui t’amène là où ça fait mal sans jamais forcer. C’est un homme qui a passé 23 ans dans la banque, au contact quotidien des ultra-riches, et qui a vu de près un paradoxe fondamental : des gens avec plusieurs millions sur leur compte… morts de trouille à l’idée de manquer.Dans cet épisode, nous parlons d’un sujet intime, glissant, rarement abordé avec sincérité : notre rapport à l’argent. J’ai questionné Christian sur cette peur du manque qui hante même les plus fortunés, sur ce que dit l’argent de nous, de nos blessures, de nos loyautés familiales, de notre besoin de contrôle.Nous avons aussi parlé de liberté, de frugalité, d’insécurité intérieure, de couples qui explosent à cause d’un compte mal partagé. Ce que Christian révèle, c’est que l’argent n’est jamais le vrai sujet — il n’est que le révélateur.Et c’est pour ça que cet épisode, dense et essentiel, ne parle pas tant d’économie que d’âme. Citations marquantes“La plus grande prison n’est pas l’absence d’argent, c’est la peur du regard des autres.”“On ne compense jamais un vide intérieur avec de l’extérieur.”“Être radin, c’est souvent juste avoir peur.”“Travailler dur est la croyance la plus répandue… et la plus toxique.”“Plus je suis serein à l’intérieur, moins j’ai besoin de contrôler.”Idées centrales discutées 1. La peur du manque n’a rien à voir avec ton compte en banqueMême multimillionnaire, on peut vivre dans l’angoisse de tout perdre.🕒 ~00:022. L’argent est une projection : pouvoir, sécurité, amour…Nous collons des symboles sur l’argent, ce qui le rend chargé émotionnellement.🕒 ~06:003. La vraie liberté, c’est se détacher du regard des autresEt ce détachement ne dépend jamais de l’argent, mais d’un travail intérieur.🕒 ~10:304. Les croyances limitantes nous sabotent sans qu’on s’en rende compte“Il faut travailler dur”, “je ne mérite pas”, “on ne peut pas tout avoir” : autant de scripts inconscients.🕒 ~16:005. Le contrôle est toujours une manifestation de la peurContrôler ses dépenses, son couple, ses projets : c’est souvent la peur qui parle.🕒 ~29:006. L’argent dans le couple : le grand tabou relationnelTant qu’on ne peut pas parler d’argent avec son partenaire, la tension s’installe.🕒 ~25:30 Questions posées dans l’interviewQuand as-tu compris que tu avais un problème avec l’argent ?Quelle est la différence entre “avoir des problèmes d’argent” et “avoir un problème avec l’argent” ?Pourquoi a-t-on encore si honte de parler d’argent ?Comm
Ludovic Leroux, coach et expert en régulation du système nerveux.Dans cet épisode, nous parlons de la différence cruciale entre savoir et intégrer. J’ai questionné Ludovic sur les chemins concrets d’incarnation du développement personnel, en partant de sa vision de sportif : pourquoi est-ce que tant de gens connaissent les outils… sans jamais les utiliser ?Il explique avec clarté et bienveillance les 4 voies d’accès au système nerveux, en montrant que le retour au calme et à la présence n’est pas un luxe spirituel, mais une hygiène quotidienne, aussi concrète que de se brosser les dents.Un moment fort, dense et utile — à écouter, et surtout à pratiquer.Citations marquantes« La vraie question, ce n’est pas “est-ce que tu sais ?”, mais “est-ce que tu le fais ?” »« Utiliser la respiration seulement quand ça ne va pas, c’est comme s’entraîner la veille d’une compétition. »« Notre système nerveux ne fait pas la différence entre le réel et l’imaginaire. »« Trois soupirs intentionnels suffisent parfois à retrouver un état de calme. »« La douche froide, c’est une agression choisie pour reprendre le contrôle. »Idées centrales discutées (Big Ideas)🧠 1. Savoir ne suffit pas, il faut intégrerBeaucoup de gens connaissent les outils du développement personnel mais ne les pratiquent pas. Ludovic insiste sur la nécessité d’un entraînement, comme en sport.Pourquoi c’est important : Sans pratique, il n’y a pas de transformation réelle.⏱️ ~00:36🌬️ 2. Le souffle, un outil sous-estiméLa cohérence cardiaque ne doit pas être utilisée seulement en cas de stress mais intégrée au quotidien comme une hygiène de vie.Pourquoi c’est important : La respiration influence directement le système nerveux.⏱️ ~02:13🧘 3. Le corps a besoin de mouvements pour se sentir en sécuritéTensions, immobilité et stress biomécanique envoient de faux signaux d’alerte au cerveau. Bouger, c’est se réguler.Pourquoi c’est important : Le corps tendu alimente un stress inconscient.⏱️ ~04:56🌳 4. Se reconnecter par le lien et la natureMéditation, lien avec les autres, connexion sensorielle à la nature permettent d’activer le nerf vague et revenir au calme.Pourquoi c’est important : Le système nerveux a besoin de sentir sécurité et lien pour sortir de la survie.⏱️ ~07:33❄️ 5. La douche froide comme rituel de régulationUne agression volontaire qui permet de s’observer et d’apprivoiser sa réponse au stress.Pourquoi c’est important : Apprendre à rester présent dans l’inconfort est une vraie compétence.⏱️ ~08:58Questions posées dans l’interviewC’est quoi, l’ent
Abdennour Bidar est philosophe. Membre du Conseil des sages de la laïcité, penseur du lien, auteur de Les Tisserands ou encore Révolution spirituelle, il est l’une des voix les plus essentielles et pourtant trop peu entendues pour repenser notre époque à partir du cœur, de l’esprit, et du collectif.J’ai rencontré Abdennour à un moment où, comme beaucoup d’entre nous, je ressentais une forme de vide. Pas un vide intellectuel. Pas un vide d’action. Mais un vide d’âme comme on peut le ressentir de temps à autres. Un manque de sacré. Une sensation que dans notre monde saturé, hyper-connecté, sur-analysé… quelque chose d’essentiel nous échappe. Le sens. Le lien. L’invisible. La spiritualité. Ce mot qu’on n’ose plus prononcer sans passer pour un illuminé.Dans cet épisode, nous parlons de ça.De la manière dont notre société occidentale, en se libérant des dogmes religieux (ce qui était sans doute nécessaire), a aussi tué une part de l’intériorité. De ce qu’on appelle à tort “le progrès”, qui a laissé beaucoup d’individus seuls, épuisés, incapables de se relier à eux-mêmes, aux autres, au monde. J’ai questionné Abdennour sur cette crise spirituelle silencieuse mais omniprésente.Nous avons parlé de ce qu’est vraiment le sacré, au-delà de toute religion. De la possibilité d’une spiritualité non dogmatique, fondée sur l’éveil, la responsabilité, la justice intérieure. Nous avons parlé de l’islam, bien sûr, de la manière dont il est vécu en France, entre repli, rigidité, et aussi aspiration profonde à la liberté spirituelle. De l’intégration républicaine, des fractures identitaires, du ressentiment qui grandit, du piège de la victimisation… mais aussi de ce que chacun peut faire pour réhabiliter un “nous” trop souvent oublié.Abdennour est un homme brillant, mais surtout profondément habité. Il incarne une pensée vivante, une philosophie du lien, de la présence et du dépassement de soi. Dans cet épisode, vous n’entendrez pas de réponses toutes faites. Mais vous trouverez peut-être un début de boussole intérieure, ou à tout le moins, la conviction qu’un autre rapport au monde est possible. Plus enraciné. Plus serein. Plus spirituel.Et que ce ne sont pas des mots à fuir. Ce sont peut-être les seuls qui nous sauveront.Citations marquantes« On est en train de mourir d’une perte de liens. »« La modernité nous a donné la liberté, mais elle nous a laissé seuls. »« Le sacré, ce n’est pas Dieu, c’est ce que tu décides de ne jamais profaner. »« L’individualisme extrême a desséché notre vie intérieure. »« On vit dans une société qui ne sait plus dire “nous”. »Idées centrales discutées1. La société moderne est spirituellement videExplication : Le recul des religions n’a pas été remplacé par une autre forme de sacré.Pourquoi c’est important : Cela
Abdennour Bidar est philosophe. Membre du Conseil des sages de la laïcité, penseur du lien, auteur de Les Tisserands ou encore Révolution spirituelle, il est l’une des voix les plus essentielles et pourtant trop peu entendues pour repenser notre époque à partir du cœur, de l’esprit, et du collectif.J’ai rencontré Abdennour à un moment où, comme beaucoup d’entre nous, je ressentais une forme de vide. Pas un vide intellectuel. Pas un vide d’action. Mais un vide d’âme comme on peut le ressentir de temps à autres. Un manque de sacré. Une sensation que dans notre monde saturé, hyper-connecté, sur-analysé… quelque chose d’essentiel nous échappe. Le sens. Le lien. L’invisible. La spiritualité. Ce mot qu’on n’ose plus prononcer sans passer pour un illuminé.Dans cet épisode, nous parlons de ça.De la manière dont notre société occidentale, en se libérant des dogmes religieux (ce qui était sans doute nécessaire), a aussi tué une part de l’intériorité. De ce qu’on appelle à tort “le progrès”, qui a laissé beaucoup d’individus seuls, épuisés, incapables de se relier à eux-mêmes, aux autres, au monde. J’ai questionné Abdennour sur cette crise spirituelle silencieuse mais omniprésente.Nous avons parlé de ce qu’est vraiment le sacré, au-delà de toute religion. De la possibilité d’une spiritualité non dogmatique, fondée sur l’éveil, la responsabilité, la justice intérieure. Nous avons parlé de l’islam, bien sûr, de la manière dont il est vécu en France, entre repli, rigidité, et aussi aspiration profonde à la liberté spirituelle. De l’intégration républicaine, des fractures identitaires, du ressentiment qui grandit, du piège de la victimisation… mais aussi de ce que chacun peut faire pour réhabiliter un “nous” trop souvent oublié.Abdennour est un homme brillant, mais surtout profondément habité. Il incarne une pensée vivante, une philosophie du lien, de la présence et du dépassement de soi. Dans cet épisode, vous n’entendrez pas de réponses toutes faites. Mais vous trouverez peut-être un début de boussole intérieure, ou à tout le moins, la conviction qu’un autre rapport au monde est possible. Plus enraciné. Plus serein. Plus spirituel.Et que ce ne sont pas des mots à fuir. Ce sont peut-être les seuls qui nous sauveront.Citations marquantes« On est en train de mourir d’une perte de liens. »« La modernité nous a donné la liberté, mais elle nous a laissé seuls. »« Le sacré, ce n’est pas Dieu, c’est ce que tu décides de ne jamais profaner. »« L’individualisme extrême a desséché notre vie intérieure. »« On vit dans une société qui ne sait plus dire “nous”. »Idées centrales discutées1. La société moderne est spirituellement videExplication : Le recul des religions n’a pas été remplacé par une autre forme de sacré.Pourquoi c’est important : Cela
Crise climatique, montée des autoritarismes, IA, fractures sociales, incertitude géopolitique.La peur est partout. Et si, au lieu de la fuir, on apprenait à l’utiliser ?Dans cet épisode solo, je pars de mes propres angoisses – celles qui réveillent à 3h du matin – pour interroger une idée simple mais radicale : la peur n’est pas une faiblesse, c’est un signal.Et parfois, un moteur.Nous vivons une époque de polycrises : climat, eau, biodiversité, inégalités, démocratie, géopolitique, technologie, démographie.Ce n’est pas une impression. Ce n’est pas une hystérie collective.C’est notre réalité.Face à ça, nous avons développé trois réflexes :le nihilisme passif (“on est foutus, autant profiter”),l’indignation permanente (qui donne bonne conscience mais n’engage rien),l’optimisme béat (“la technologie va nous sauver”).Aucun ne tient vraiment.Dans cet épisode solo de Vlan, je propose une autre voie :- prendre la peur au sérieux,- comprendre ce qu’elle nous dit et la transformer en élan d’action.Je m’appuie sur plusieurs penseurs – Thomas Hobbes, Baruch Spinoza, Aristote, Erich Fromm – pour montrer une chose essentielle : historiquement et philosophiquement, la peur a toujours été un moteur de coopération, de création et de civilisation.On parle de :pourquoi notre peur est rationnelle,pourquoi vouloir la supprimer est une erreur,pourquoi nous ne sommes pas égaux face à elle,comment l’action agit comme une catharsis,et comment le conatus – cet élan vital décrit par Spinoza – continue d’agir en nous, même quand tout semble bloqué.Ce n’est pas un épisode de développement personnel.Ce n’est pas un épisode “solutions miracles”.C’est une tentative honnête de répondre à une question centrale de notre époque :que faire de notre peur, quand le monde devient objectivement inquiétant ?Citations marquantes« La peur n’est pas notre ennemie. C’est un moteur de transformation. »« Le grand mensonge, c’est de croire que la peur est une faiblesse. »« Nous ne sommes pas faits pour affronter seuls les grandes épreuves. »« Le conatus ne demande pas la permission au contexte pour exister. »« Ce qui vous fait peur révèle ce qui compte pour vous. »Idées centrales discutées💥 La peur est un signal, pas un problème (00:04)Nous avons objectivement raison d’avoir peur — mais cette peur peut devenir un moteur d’action si on comprend comment l’utiliser.🧠 Trois postures toxiques face à la peur (00:08)Le nihilisme passif, l’indignation stérile et l’optimisme béat sont des fuites. Elles donnent l’illusion de faire face mais nous empêchent d’agir en profondeur.🏛️ Hobbes : la peur fonde les sociétés (00:21)La peur pousse à coopérer. Elle n’est pas le
Pedro Correa, photographe, écrivain et conférencier. Ancien ingénieur, il a quitté une carrière toute tracée dans une multinationale pour devenir artiste, puis auteur à succès avec Matin clair, et plus récemment, un roman percutant : Le Cercle des Héros Anonymes.Pedro et moi avons une relation de confiance construite dans le temps, et cela se ressent dans cette conversation à cœur ouvert. Nous avons en commun d’avoir changé de vie, de trajectoire, de prisme. Nous savons ce que cela coûte, ce que cela offre, et ce que cela implique sur le long terme.Dans cet épisode, nous parlons de joie, de renoncements, de systèmes, de fiction, d’engagement, de politique, d’argent et surtout de ce que signifie « avoir un impact ». J’ai questionné Pedro sur les illusions autour du changement de vie, sur son rapport à l’argent, sur les contradictions dans lesquelles nous vivons, sur la tentation du repli individuel, et sur le pouvoir insoupçonné du collectif.Pedro nous livre une vision profondément lucide, sensible, parfois désenchantée, mais toujours tournée vers une forme d’espoir lucide et d’engagement joyeux. Son roman devient ici le prétexte pour explorer une question essentielle : que se passe-t-il quand des individus ordinaires décident de ne plus obéir au système et d’agir ensemble ?3. Citations marquantes« J’ai troqué une joie absente contre une sérénité disparue. »« On n’a pas besoin de superpouvoirs pour faire changer le monde. »« Le système nous pousse à compenser un quotidien insatisfaisant par des achats inutiles. »« Ce n’est pas un déclic qui change une vie, c’est un glissement lent. »« Le militantisme sans joie, c’est laisser la joie à l’extrême droite. »4. Idées centrales discutées (Big Ideas)💥 Changer de vie, ce n’est pas magique (00:03:00)Pedro partage son parcours de reconversion, loin des clichés. Il insiste sur la lenteur, les doutes, la précarité, les renoncements réels, loin du storytelling héroïque.🌀 Le système nous rend malades (00:05:30)La société actuelle pousse à l’individualisme, à la compétition, à la déconnexion émotionnelle. Pedro décrit une société en rupture avec nos besoins immatériels.💸 L’argent ne nous protège pas (00:08:30)Pedro raconte comment son rapport à l’argent a changé. L’accumulation, loin de rassurer, est une illusion. Il appelle à la frugalité choisie, nourrie par la joie intérieure.🧠 Le mythe du développement personnel individuel (00:23:00)Changer le monde ne peut se faire seul. Le roman explore le danger de l’héroïsme isolé et valorise l’action collective.🌍 Un système injuste designé pour enrichir les riches (00:54:00)Pedro dénonce la concentration des richesses et l’échec des politiques actuelles, avec un appel à la lucidité politique.5. Questions posées dans l’interviewQu’est-ce que tu as
Valérie Gauthier, professeure à HEC et autrice de la méthode du savoir-relier.Dans cet moment (extrait d'un épisode plus long en lien), nous parlons d’un sujet à la fois intime et collectif : notre manière de nous relier les uns aux autres. J’ai questionné Valérie sur ce que le dialogue exige de nous, pourquoi nous avons tendance à simplifier l’autre au lieu de faire l’effort de relation, et comment le digital reconfigure profondément nos liens.On a parlé de leadership, de chevaux, de toucher, de nos biais relationnels… et surtout de ce qui fait qu’une relation humaine peut devenir un espace de transformation. C’est un moment fort, dense, d’où se dégage une vérité simple : se relier, ça s’apprend.3. Citations marquantes« Le dialogue, c’est un travail. Ce n’est pas facile, ni évident. »« Ce qui est important, ce n’est pas l’individu, c’est la relation. »« Le digital déshumanise, mais il peut aussi recréer du lien s’il est bien géré. »« Chez les chevaux, le leadership se construit sur la compétence et le contexte. »« Les sens, ce ne sont pas des émotions. C’est une autre façon de se connecter à l’autre. »Idées centrales discutéesLe dialogue est un effort (00:20 - 01:04)Comprendre vraiment l’autre demande un travail actif d’écoute et d’interprétation. On préfère souvent cataloguer plutôt que dialoguer.La relation est plus importante que l’individu (02:01)Se concentrer sur des typologies (pervers, toxique…) fait perdre de vue la dynamique relationnelle, qui est le cœur du problème.Le digital simplifie et polarise les relations (02:55)S’il déshumanise en surface, il peut aussi permettre un lien profond si on en crée les conditions intentionnelles.Le rôle de la synchronicité dans le lien (06:25)Un vrai dialogue ne peut exister que dans une forme de présence simultanée : être ensemble, au même moment.L’intelligence relationnelle des chevaux (08:40)Le leadership animal est contextuel, basé sur la compétence, et profondément collectif. Une source d’inspiration pour nos sociétés.Réhabiliter le sensoriel dans nos relations (10:54)Nos sens — regard, toucher, écoute — sont des outils oubliés du lien humain. Ils permettent une connexion plus fine que l’émotion ou le raisonnement seul.Questions posées dans l’interviewPourquoi le dialogue est-il devenu si rare ?En quoi les algorithmes simplifient-ils nos relations ?Pourquoi avons-nous tant besoin de catégoriser les autres ?Qu’est-ce que cela change de penser la relation plutôt que l’individu ?Le digital tue-t-il le lien humain ?Comment créer un lien profond à distance ?Pourquoi la communication
Jean-Michel Valantin, docteur en sociologie de la défense et chercheur sur la stratégie américaine, il est également l'auteur de Hyper guerre. Enfin il collabore avec le think tank The Red Team Analysis Society. Spécialiste des mutations géopolitiques et de l’impact des ressources énergétiques sur les relations internationales, il décrypte ici les fractures profondes du monde contemporain.Dans cet épisode, nous parlons de guerre, bien sûr – mais pas seulement de celle que l’on voit. J’ai questionné Jean-Michel Valantin sur les tensions invisibles qui redessinent la carte du pouvoir mondial : influence chinoise en Amérique latine, remilitarisation de l’Europe, rôle stratégique du Groenland, retour des zones d’influence, montée en puissance des technologies comme l’IA ou le lithium, effondrement du droit international, brutalité de la doctrine Trump...Trump n'est pas si fou. en réalité vou sallez l'entendre.Ensemble, nous décortiquons un basculement historique majeur : celui d’un monde qui ne croit plus à la paix, ni à la coopération, mais à la force. Un monde qui revient aux logiques de confrontation, de territoire, de contrôle des matières premières. Un monde que l’Europe, trop longtemps désarmée intellectuellement et militairement, peine à comprendre – et donc à affronter.Citations marquantes« Le droit sans la force n’est qu’impuissance. »« On a cru à la fable de Fukuyama sur la fin de l’Histoire. »« Le président Trump ne joue pas, il applique une stratégie parfaitement cohérente. »« Le Venezuela, c’est le retour d’un monde où les États s’arrogent des zones d’influence. »« L’Arctique est devenu une zone stratégique, avec tous les appétits qu’elle suscite. »Idées centrales discutées 1. La guerre est de retour – mais sous de nouvelles formesTimestamp ~00:01:10Ce n’est plus seulement des conflits armés : c’est la militarisation de l’économie, des réseaux sociaux, de l’information.👉 Pourquoi c’est important : nos outils du quotidien deviennent des armes.2. L’Europe s’est désarmée – militairement et intellectuellementTimestamp ~00:04:00La croyance en la paix éternelle nous a rendus vulnérables.👉 Ce désarmement rend l’Europe dépendante et naïve face à des puissances réalistes.3. Les États-Unis redéfinissent l’hémisphère occidentalTimestamp ~00:13:00Doctrine Monroe réactivée : expulsion de toute influence étrangère du continent américain.👉 C’est une reterritorialisation du pouvoir mondial, avec des actes concrets.4. L’intelligence artificielle est la guerre de demainTimestamp ~00:46:00La présidence Trump 2 est celle de l’IA – et des infrastructures nécessaires (minerais, électricité, data centers).👉 L’IA devient un enjeu stratégique global.</p
Jean-Michel Valantin, docteur en sociologie de la défense et chercheur sur la stratégie américaine, il est également l'auteur de Hyper guerre. Enfin il collabore avec le think tank The Red Team Analysis Society. Spécialiste des mutations géopolitiques et de l’impact des ressources énergétiques sur les relations internationales, il décrypte ici les fractures profondes du monde contemporain.Dans cet épisode, nous parlons de guerre, bien sûr – mais pas seulement de celle que l’on voit. J’ai questionné Jean-Michel Valantin sur les tensions invisibles qui redessinent la carte du pouvoir mondial : influence chinoise en Amérique latine, remilitarisation de l’Europe, rôle stratégique du Groenland, retour des zones d’influence, montée en puissance des technologies comme l’IA ou le lithium, effondrement du droit international, brutalité de la doctrine Trump...Trump n'est pas si fou. en réalité vou sallez l'entendre.Ensemble, nous décortiquons un basculement historique majeur : celui d’un monde qui ne croit plus à la paix, ni à la coopération, mais à la force. Un monde qui revient aux logiques de confrontation, de territoire, de contrôle des matières premières. Un monde que l’Europe, trop longtemps désarmée intellectuellement et militairement, peine à comprendre – et donc à affronter.Citations marquantes« Le droit sans la force n’est qu’impuissance. »« On a cru à la fable de Fukuyama sur la fin de l’Histoire. »« Le président Trump ne joue pas, il applique une stratégie parfaitement cohérente. »« Le Venezuela, c’est le retour d’un monde où les États s’arrogent des zones d’influence. »« L’Arctique est devenu une zone stratégique, avec tous les appétits qu’elle suscite. »Idées centrales discutées 1. La guerre est de retour – mais sous de nouvelles formesTimestamp ~00:01:10Ce n’est plus seulement des conflits armés : c’est la militarisation de l’économie, des réseaux sociaux, de l’information.👉 Pourquoi c’est important : nos outils du quotidien deviennent des armes.2. L’Europe s’est désarmée – militairement et intellectuellementTimestamp ~00:04:00La croyance en la paix éternelle nous a rendus vulnérables.👉 Ce désarmement rend l’Europe dépendante et naïve face à des puissances réalistes.3. Les États-Unis redéfinissent l’hémisphère occidentalTimestamp ~00:13:00Doctrine Monroe réactivée : expulsion de toute influence étrangère du continent américain.👉 C’est une reterritorialisation du pouvoir mondial, avec des actes concrets.4. L’intelligence artificielle est la guerre de demainTimestamp ~00:46:00La présidence Trump 2 est celle de l’IA – et des infrastructures nécessaires (minerais, électricité, data centers).👉 L’IA devient un enjeu stratégique global.</p
Dans cet épisode solo qui est une lecture de ma newsletter , je poursuis une réflexion entamée dans ma dernière newsletter et dans le précédent épisode : comment redonner envie du futur dans un monde qui semble chaque jour plus incertain, plus complexe, parfois même invivable.J’ai questionné les trois grandes voies que j’ai explorées ces dernières années : le développement personnel, la connaissance intellectuelle, et la quête de sens. Et j’ai compris pourquoi, malgré leur utilité, elles montrent aujourd’hui leurs limites.Dans cet épisode, nous parlons de connativité, ce concept peu connu issu de Spinoza et validé par les neurosciences, qui désigne notre capacité à persévérer dans l’existence, à avancer malgré tout, même sans comprendre parfaitement. C’est peut-être là la clé : ne pas tant chercher à comprendre qu’à retrouver l’élan.J’ai voulu un épisode incarné, profond, qui résonne avec ce que beaucoup ressentent sans forcément savoir le nommer. Mon espoir : que vous puissiez y trouver une brèche, une étincelle, un début d’envie.Citations marquantes« Le futur n’appartient pas à ceux qui le comprennent, mais à ceux qui le désirent. »« Ce n’est pas ce qu’il vous manque qui pose problème, c’est ce qui vous encombre. »« Le développement personnel repose sur l’idée toxique que vous n’êtes pas assez. »« L’optimalisme donne une permission : celle d’espérer sans se mentir. »« Peut-être que le problème, ce n’est pas qu’on manque d’information, mais d’élan. »4. Idées centrales discutées (Big Ideas)1. Les limites du développement personnel – [~02:30]Il individualise des problèmes systémiques et repose sur l’idée que nous devons nous "réparer".2. La connaissance ne suffit pas – [~10:50]Comprendre le monde, oui. Mais sans débouché actionnable, la lucidité peut mener à l’épuisement.3. Le sens perd sa force quand le futur est invivable – [~15:50]Viktor Frankl, Simon Sinek : leurs approches supposent un futur désirable. Ce n’est plus évident aujourd’hui.4. L’optimalisme comme posture – [~18:00]Être optimiste sans naïveté, réaliste sans cynisme. Mais cela reste une posture, pas un mouvement.5. Le conatus comme clé oubliée – [~20:45]Concept spinoziste : l’élan vital fondamental qui nous pousse à persévérer dans l’existence.6. La connativité comme alternative – [~22:30]Redonner place à l’élan, pas par amélioration de soi, mais par déconstruction de ce qui l’encombre.7. Les 5 clés pour relancer l’élan – [~24:00]<bloc
Marie-Christiane Baudoux est psychothérapeute, elle a 80 ans et nous allons parler d’un sujet très particulier puisqu’elle va me raconter ses propres angles mort sur les violences sexuelles sur sa fille de 15 ans à l’époque.Dans cet épisode, nous parlons de ce qui dérange, de ce qui fait mal, de ce qui reste habituellement caché sous le tapis : la parole des proches quand un enfant est victime de violence sexuelle.J’ai questionné Marie-Christiane sur ce que très peu de mères osent formuler publiquement : ne pas avoir su être là, ne pas avoir su protéger, ne pas avoir su réagir.Ce qui m’a bouleversé dans cet échange, ce n’est pas seulement le sujet. C’est la lucidité avec laquelle elle revient, à 80 ans, sur ses propres mécanismes d’aveuglement. Elle raconte comment l’histoire transgénérationnelle de sa famille, faite de secrets, de non-dits et de dissociation émotionnelle, a façonné sa manière d’être mère… et ses limites.Son livre, Nos angles morts, co-écrit avec sa fille, n’est pas un livre d’accusation. C’est un livre de responsabilité. Un texte rare, d’une honnêteté presque inconfortable, qui explore la loyauté, la honte, la sidération, la spiritualité toxique, mais aussi le chemin lent et fragile de la réparation.Dans cet épisode, nous parlons de transgénérationnel, de mémoire du corps, de silence familial, d’abus dans un contexte spirituel, de pardon, d’excuses, de réconciliation. Nous parlons surtout d’une chose essentielle : la capacité humaine à évoluer, même très tard dans la vie, dès lors qu’on accepte de regarder ses propres zones d’ombre.Citations marquantes« Une victime non soutenue, c’est une double agression. »« J’ai compris que j’avais choisi de ne pas choisir. »« Ce livre, ma fille m’a dit qu’il l’avait réparée. »« Les secrets de famille ont façonné ma sidération. »« Nous avons un devoir d’évolution en tant qu’êtres humains. »Idées centrales discutées1. Le silence des proches est un angle mort du débat publicJe réalise à quel point on parle (un peu plus qu’avant) des victimes, mais presque jamais des parents, des proches, de ceux qui n’ont pas su voir ou pas su agir. Pourtant, comprendre ces mécanismes est essentiel si on veut éviter leur reproduction.🕒 ~00:03👉 Pourquoi c’est important : cela ouvre un espace de responsabilité plutôt que de simple culpabilité.2. Les secrets familiaux traversent les générationsMarie-Christiane explique comment les non-dits autour de son père, de son grand-père, de l’histoire familiale ont construit chez elle une dissociation émotionnelle profonde.🕒 ~00:07👉 Pourquoi c’est important : on comprend que nos comportements ne naissent pas ex nihilo, mais s’inscrivent dans des lignées invisibles.3. On peut être thérapeute… et aveugle dans sa propre vieC’est une tension extrêmement forte de l’épisode : même
Thomas Gomart, historien et directeur de l’IFRI.Dans cet moment percutant et tellement d'actualité même si enregistré il y a 2 ans, je retrouve Thomas Gomart, l’un des meilleurs analystes géopolitiques français, à la fois historien, stratège, et fin observateur de nos aveuglements collectifs. Ce moment, issu d’un échange marquant, revient sur sa capacité quasi prophétique à anticiper le retour brutal de la guerre en Europe, bien avant 2022.Dans cet épisode, nous parlons de l’erreur de perspective des Européens face à la géopolitique, du mythe de la fin des idéologies, et de la résurgence des logiques de puissance. J’ai questionné Thomas sur notre tendance à croire que le monde serait uniformément pacifié par le commerce, en oubliant les rapports de force.Avec sa clarté intellectuelle, il rappelle combien la stratégie est une affaire de mémoire longue, de volontés qui s’affrontent, et de frontières qui, loin d’avoir disparu, redeviennent centrales.Citations marquantes« La stratégie commence à exister lorsqu’elle se heurte à une autre stratégie. »« Il y a des gens qui veulent dominer d'autres gens. »« L’Europe a cru que le monde voulait vivre comme elle. »« On a vu le mercantilisme chinois, mais pas sa matrice léniniste. »« La stratégie, ce n’est pas une méthode : c’est une dialectique des volontés. » Idées centrales discutées 1. Le retour des conflits n’est pas une surprise➤ Gomart explique que le conflit armé n’a jamais disparu. L’Europe a vécu dans une illusion post-historique, aveugle à la persistance des logiques de puissance.🕓 00:472. Le discours dominant a nié la géopolitique➤ Pendant que les penseurs prônaient un monde plat et individualisé, les stratèges savaient que les rapports de force n’avaient pas disparu.🕓 01:503. La stratégie implique une mémoire longue➤ Penser stratégiquement, c’est se souvenir que l’histoire ne se répète pas, mais rime souvent. L’oubli du tragique mène à la naïveté politique.🕓 02:464. L’Europe s’est crue protégée➤ Elle a sous-investi dans sa sécurité depuis les années 70, croyant que l’intégration suffisait à produire la paix.🕓 03:455. La singularité de l’Europe : la séparation des pouvoirs➤ Face aux régimes fusionnels comme la Chine, l’Europe se distingue encore par ce principe fondamental, aujourd’hui en tension.🕓 06:086. La stratégie : une dialectique des volontés➤ La stratégie ne se duplique pas, elle s’adapte. C’est un art plus qu’une science, selon la tradition beaufro-gomartienne.🕓 08:26Questions posées dans l’interviewAvez-vous anticipé le retour des conflits armés dans votre livre de 2019 ?Pourquoi le discours dominant a-t-il occulté la géopolitique ?En quoi les Européens ont
Pablo Servigne, aest uteur, penseur systémique et biologiste de formation. Il est l’un des premiers à avoir popularisé en France le concept de « collapsologie » avec ses livres devenus cultes, Comment tout peut s’effondrer ou encore Une autre fin du monde est possible. Mais aujourd’hui, Pablo prend ses distances avec cette étiquette. Dans Le réseau des tempêtes, son dernier livre, il trace un sillon nouveau, plus intime, plus incarné, où l’écologie ne peut plus faire l’économie du sensible, de l’émotion, de la relation et de la spiritualité.Cela faisait des années que je voulais inviter Pablo dans Vlan!. Nous avons attendu le bon moment. Et je crois que c’était maintenant. Parce que son message a profondément évolué, et qu’il entre en résonance totale avec mes propres réflexions sur la complexité, sur la joie, sur la nécessité de ralentir, et sur cette capacité à penser contre soi-même.Dans cet épisode, nous parlons de la violence – structurelle, politique, sociale, psychologique – et de comment elle s’insinue dans nos quotidiens. J’ai questionné Pablo sur sa conviction que la violence, à terme, ne résout rien et qu’elle ne fait que repousser les problèmes aux générations suivantes. Ce qu’il propose, c’est une bascule vers l’entraide, vers le lien, vers une autre manière d’habiter le monde – non pas dans l’utopie, mais dans une forme de lucidité joyeuse.Nous avons parlé de la course du temps, de la pression invisible qui nous pousse à toujours aller plus vite, alors même que notre besoin profond est de ralentir. De l’emprise des plateformes numériques sur notre attention. De la désocialisation croissante des jeunes générations. De l’anxiété rampante qui s’installe faute de communautés authentiques.Mais au-delà des constats, ce que propose Pablo, c’est une autre voie. Une voie du cœur et du corps. Une voie de l’enracinement. Une voie qui fait la paix avec nos émotions, nos ombres, nos vulnérabilités. Une voie qui croit encore à la puissance transformatrice du collectif, de la parole vraie, des récits réparateurs.Cet échange m’a profondément nourri. Il donne envie d’agir depuis un endroit plus juste, plus aligné. Citations marquantes« On ne peut pas traverser un effondrement sans passer par le cœur. »« La science ne suffit plus, il faut réintégrer le sensible et le sacré. »« Le vrai courage aujourd’hui, c’est de faire face à l’impermanence. »« Nous avons besoin de récits qui nous rassemblent dans l’incertitude. »« Accepter de ne pas savoir, c’est déjà commencer à guérir. »Idées centrales discutées1. De la collapsologie à l’écologie du lienPablo revient sur son parcours et sur la limite de la collapsologie comme prisme uniquement scientifique. Il évoque un besoin d’aller vers des dimensions plus sensibles
Pablo Servigne, aest uteur, penseur systémique et biologiste de formation. Il est l’un des premiers à avoir popularisé en France le concept de « collapsologie » avec ses livres devenus cultes, Comment tout peut s’effondrer ou encore Une autre fin du monde est possible. Mais aujourd’hui, Pablo prend ses distances avec cette étiquette. Dans Le réseau des tempêtes, son dernier livre, il trace un sillon nouveau, plus intime, plus incarné, où l’écologie ne peut plus faire l’économie du sensible, de l’émotion, de la relation et de la spiritualité.Cela faisait des années que je voulais inviter Pablo dans Vlan!. Nous avons attendu le bon moment. Et je crois que c’était maintenant. Parce que son message a profondément évolué, et qu’il entre en résonance totale avec mes propres réflexions sur la complexité, sur la joie, sur la nécessité de ralentir, et sur cette capacité à penser contre soi-même.Dans cet épisode, nous parlons de la violence – structurelle, politique, sociale, psychologique – et de comment elle s’insinue dans nos quotidiens. J’ai questionné Pablo sur sa conviction que la violence, à terme, ne résout rien et qu’elle ne fait que repousser les problèmes aux générations suivantes. Ce qu’il propose, c’est une bascule vers l’entraide, vers le lien, vers une autre manière d’habiter le monde – non pas dans l’utopie, mais dans une forme de lucidité joyeuse.Nous avons parlé de la course du temps, de la pression invisible qui nous pousse à toujours aller plus vite, alors même que notre besoin profond est de ralentir. De l’emprise des plateformes numériques sur notre attention. De la désocialisation croissante des jeunes générations. De l’anxiété rampante qui s’installe faute de communautés authentiques.Mais au-delà des constats, ce que propose Pablo, c’est une autre voie. Une voie du cœur et du corps. Une voie de l’enracinement. Une voie qui fait la paix avec nos émotions, nos ombres, nos vulnérabilités. Une voie qui croit encore à la puissance transformatrice du collectif, de la parole vraie, des récits réparateurs.Cet échange m’a profondément nourri. Il donne envie d’agir depuis un endroit plus juste, plus aligné. Citations marquantes« On ne peut pas traverser un effondrement sans passer par le cœur. »« La science ne suffit plus, il faut réintégrer le sensible et le sacré. »« Le vrai courage aujourd’hui, c’est de faire face à l’impermanence. »« Nous avons besoin de récits qui nous rassemblent dans l’incertitude. »« Accepter de ne pas savoir, c’est déjà commencer à guérir. »Idées centrales discutées1. De la collapsologie à l’écologie du lienPablo revient sur son parcours et sur la limite de la collapsologie comme prisme uniquement scientifique. Il évoque un besoin d’aller vers des dimensions plus sensibles
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Gregory PouyhostReviews
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